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Une "ganadería", c'est aussi une usine

Par Olivier Cognasse - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3252
Taureaux
© Olivier Cognasse

Pour les élevages de taureaux de combat, comme celui de Los Eulogios installé à Colmenar Viejo près de Madrid, la qualité et la résistance des animaux sont essentielles. Sélection et réglages sont de rigueur pour produire des lots qui assureront le spectacle dans les arènes.

El Pecado Mortal ("le péché mortel"), la finca de l'élevage de taureaux de combat Los Eulogios, somnole sous le soleil madrilène sur les hauteurs de Colmenar Viejo. Cette "ganadería", installée dans une propriété de 500 hectares, fournit des corridas depuis trois générations. L'éleveur Manuel Sanz de la Morena est fier d'avoir livré 31 taureaux pour cinq courses au cours de la "temporada" ("la saison") 2011, qui prend fin en ce moment en Europe, avant de démarrer en Amérique latine.

Client-fournisseur. Ce sont des prestataires qui achètent les taureaux. Pour une corrida de première catégorie, le prix peut atteindre 15 000 euros l'unité. En deuxième catégorie, il ne dépasse pas 6 000 euros. Quelque 400 élevages espagnols produisent 20 000 taureaux de combat par an. Seule une quinzaine vit bien. "Les frais sanitaires imposés par l'Europe tuent le métier", s'alarme Manuel Sanz de la Morena.

Îlot autonome. L'éleveur doit tenir compte des demandes de ses clients. Tout dépend du type de combat qui attend les taureaux. Les "novillos" (deux à quatre ans), destinés aux novilladas avec de jeunes toreros, et les "toros bravos" (quatre à six ans), voués aux corridas, sont élevés dans des lignes de production séparées.

Sélection et qualité. Il faut d'abord sélectionner le taureau reproducteur. Les vaches, elles, sont détectées à l'âge de trois ans. Une soixantaine de mâles sont répartis par catégories dans de vastes enclos. Seuls les meilleurs d'entre eux seront envoyés aux arènes. Le taux de non-qualité est de 20 % et des décès sont causés par des combats entre animaux.

Alimentation et traçabilité. Les taureaux qui mourront au combat atteignent leur niveau optimal grâce à leur alimentation constituée d'herbe, de foin et surtout de "pienso", un mélange de céréales à forte concentration énergétique et protéinique. Les animaux combattus à trois ou quatre ans reçoivent des rations quotidiennes de 3 à 4 kg d'octobre à mars, puis de 8 à 9 kg à partir du printemps. Chacun est marqué de son matricule et porte sur la patte arrière droite le fer de la maison. Et sur une ou sur les deux oreilles, l'escoussure, une entaille qui caractérise aussi l'élevage.

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