Mauvaise nouvelle pour le président américain : le fabricant de batteries A123 s’est placé mardi 16 octobre sous la protection de la loi sur les faillites. La société, qui avait bénéficié d’un prêt public de 132 millions de dollars, va céder son activité automobile à Johnson Controls.
C’est un nouvel échec pour la politique "green tech" du président sortant. Après Solyndra, Abound Solar et Ener1, A123 Systems vient à son tour de se déclarer en faillite. Etouffé par une dette de 376 millions de dollars, le fournisseur de batteries pour voitures électriques s’est placé ce mardi sous la protection du fameux chapitre 11.
Longtemps présenté comme un modèle de croissance et d’innovation, A123 n’a pas survécu à un échec commercial majeur : début 2012, ses batteries fournies à Fisker Karma pour son hybride rechargeable se sont avérées défectueuses. Leur remplacement a coûté 69 millions de dollars à A123 et fait chuter l’action de l’entreprise de près de 85%.
Depuis plusieurs mois, les difficultés financières de la société étaient donc bien connues. L’annonce de la faillite d’A123 n’en reste pas moins une surprise car en août dernier, l’entreprise basée à Waltham (Massachussetts) avait trouvé un accord définitif de rachat avec Wanxiang, le plus gros fabricant chinois de pièces automobiles. A terme, le groupe chinois devait investir 465 millions de dollars pour prendre le contrôle de 80% des parts d’A123.
Cette transaction était toutefois conditionnée à l’autorisation des gouvernements américain et chinois. Or, si officiellement A123 s’est contenté d’évoquer "des défis inattendus et difficiles" pour justifier l’échec de la vente, la dimension politique semble avoir joué un rôle important. En clair : la vente de cette entreprise – et de ses technologies – aux Chinois n’était pas envisageable.
Une dimension politique
"Lorsque le gouvernement fédéral investit 250 millions de dollars dans une compagnie, nous devons être sûr que les technologies développées grâce à l’argent des contribuables ne finissent pas en Chine", écrivait ainsi la semaine dernière le Sénateur républicain de l’Iowa, Charles Grassley. En réalité, sur les 249 millions de dollars promis par Washington, A123 n’en a touché "que" 132. Une somme que le gouvernement américain n’a quasiment aucune chance de récupérer.
En annonçant sa faillite, A123 a fait savoir qu’elle allait céder son activité batteries automobiles à Johnson Controls. Pour un montant évalué à 125 millions de dollars, l’équipementier américain va reprendre les deux usines d’A123 employant 700 personnes dans le Michigan ainsi qu’une usine de diodes en Chine.
Le rachat comprend également les technologies et le carnet de commandes existant. Outre son contrat avec Fisker Automotive, A123 doit en effet produire bientôt pour General Motors la batterie de la nouvelle Chevrolet Spark électrique.
A trois semaines de la présidentielle du 6 novembre, cette nouvelle faillite d’une entreprise soutenue par l’Etat a rapidement pris une dimension politique. Du côté de la Maison Blanche, on préfère insister sur le fait que les emplois et les technologies développées par A123 vont rester sur le sol américain.
Quant aux républicains, ils ont une nouvelle fois accusé Barack Obama d’avoir dilapidé l’argent public. "La faillite de A123 est un nouvel échec de la stratégie désastreuse du président, qui consiste à parier des milliards de dollars sur une stratégie de croissance menée par le gouvernement. Cela ne marche pas", a ainsi précisé l’attaché de presse de Mitt Romney dans un communiqué.









