Une étude dévoile une exception française en matière d’innovation
Par Aurélie Barbaux - Publié le
Une enquête mondiale publiée par General Electric démontre que les dirigeants français ont une perception franco-française de la finalité de l’innovation. Détails.
Il faut le reconnaître. Hormis en terme d’investissements en R&D, aucune entreprise française ne figure dans les classements mondiaux des entreprises les plus innovantes. On comprend pourquoi avec l’enquête Baromètre global de l’innovation 2012, publié par GE. Selon les 100 dirigeants français (directeur, responsables d’innovation) interrogés parmi 2 800 décideurs de 22 pays, il existerait en fait une vision très franco-française de l’innovation. Jugez plutôt. 60 % des Français conçoivent l’innovation comme une manière de "dominer le marché et maintenir sa position de leader" contre 32 % en moyenne dans le monde. En revanche, alors qu’en moyenne 47 % pense l’innovation comme "la mise en place de nouveaux process, produits, changements organisationnels ou marketing", ils en sont que 30 % à partager cette conception en France.
Une visée étriquée
Et tout le reste de l’étude est à l’avenant. 80 % des décideurs pensent qu’au XXIe siècle les entreprises innoveront de manière totalement différente du passé, les Français n’en sont convaincus qu’à 58 %. Et pour eux, ce sont les PME, (39 % contre 28 % en moyenne) qui sont le plus moteur et en qui elles ont le plus confiance (94 % contre une moyenne de 80%), loin devant les grandes entreprises (14 % pour les Français contre 21 % en moyenne).
Pire, alors qu’en moyenne (74 %) les décideurs internationaux estiment que "plus que jamais, l’innovation doit prendre en compte les besoins et spécificité locales de marchés", ils ne sont que 55 % en France à partager cette conviction. Il penserait plus global que local !
Jamais content
Râleurs, les Français le sont aussi vis-à-vis de leur environnement. Si on écarte les Américains qui sont mitigés (50/50) sur l’idée que l’environnement local s’est dégradé/amélioré durant les 5 dernières années, les Français ne sont que 60 % à trouver qu’il s’est amélioré, alors que les Allemands le pensent à 84 %, et les Israéliens à 96 % ! Logiquement les Français notent 49/100 leur environnement comme favorable à l’innovation, soit à peine mieux que le Japon (43/100), mais loin derrière l’Allemagne (54/100), les États-Unis (58/100), le Canada et la Chine (67/100) Singapour (71/100) ou Israël décidément très content de son sort (78/100).
Mise à part la protection de la propriété industrielle et l’intensité des aides du gouvernement, les Français, sur tous les autres sujets liés à l’environnement de l’innovation (investisseurs privés, régulations, appétit de jeunes générations pour l’innovation, acceptation du risque par la société, capacité des universités à préparer les futurs leaders, efficacité de l’aide gouvernementale…), les Français sont bien moins satisfaits que leurs confrères étrangers.
Une culture à changer
Et même sur la finalité de l’innovation, ils ne sont que 64 % à penser qu’elle améliore le bien-être des individus, contre 72 % en moyenne et 94 % dans les Pays arabes unis. Pas étonnant que seul 1 % des Français interrogés estiment le pays comme très bon en innovation (74 % moyenne bon) alors que 70 % des Israéliens, 45 % des Suédois et 34 % des Allemands s’estiment excellents !
Pour innover il faut croire que c’est possible. Alors que la France a parmi les dispositifs d’aide à l’innovation les plus incitatifs du monde, elle n’y croit pas. L’étude ne fait qu’un constat. À l’heure des programmes électoraux, peut-être n'est ce pas sur les dispositifs fiscaux, qu’il faut mettre l’accent, mais sur la culture et l’éducation. À bon entendeur !
2 réactions
verdarie | 02/02/2012 - 18H18
Ça me fait bien rire cette étude ! Il faut se frotter à la réalité pour comprendre pourquoi les français sont désabusés. J’ai un système totalement nouveau pour produire de l’électricité verte 24/24h ,365/365j pouvant être installé partout dans le monde mais je ne reçois pas de réponse de mes demandes par l’administration.
kinosan | 02/02/2012 - 13H24
Un titre qui se dévoile bien au fil des lignes. Merci d'avoir souligné l'appétit des jeunes générations pour l'innovation et la création au sens large. Culture, enseignement... une pure question de pédagogie !

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