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Un traitement "vert" contre les parasites du bois

Par NADÈGE AUMOND - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2969

Synthétisée à partir d'oléagineux, une molécule non toxique protège le bois, à la fois des insectes xylophages et des champignons.

Les termites ne seront bientôt plus qu'un mauvais souvenir pour les entreprises du bâtiment et les propriétaires immobiliers. Une équipe de l'Ecole nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques (Ensiacet) de Toulouse a mis au point un produit de traitement du bois - non polluant et non toxique - contre les termites, les capricornes et les champignons. D'origine végétale, il pourrait remplacer les solutions nocives à base de chrome, de cuivre et d'arsenic, composés dont l'utilisation sera interdite à partir de 2008 en application d'une directive européenne.

Il aura fallu pas moins de trois années de recherche pour synthétiser l'anhydride succinique d'alkénoate de méthyle (Asam), à partir du colza. Cette molécule modifie chimiquement la structure interne du bois, le rendant imputrescible et non comestible pour les xylophages. L'Asam transforme en effet la cellulose du bois en esters de cellulose, matière que les parasites ne peuvent digérer. Privés de nourriture, les insectes ne colonisent plus les pièces traitées. Les propriétés hydrophobes de la molécule permettent de combattre aussi les champignons, en réduisant la présence d'eau dans le bois et par là même l'apparition de moisissures.

Un projet de niveau européen d'une durée de trois ans

Le caractère particulièrement huileux du produit a aussi donné du fil à retordre aux scientifiques. Plusieurs années ont été nécessaires pour mettre au point une formule qui pénètre aisément et profondément le bois. « Finalement, nous avons réussi à obtenir une pénétrabilité aussi bonne, voire meilleure, que les solutions aqueuses actuelles », précise Carlos Vaca Garcia, qui a mené le projet au sein du Laboratoire de chimie agro-industrielle (LCA) de l'Ensiacet.

Les recherches, cofinancées à l'origine par l'Organisation nationale interprofessionnelle des oléagineux (Onidol), la scierie Les Bois du Rouergue, et la société experte en oléochimie Novance (filiale de Diester Industrie), ont pris récemment un tournant en devenant un projet européen d'une durée de trois ans. Coordonnée par le LCA, le projet Surfasam a pour objectifs de mener les essais à l'échelle industrielle (neuf sociétés y participeront), et de réaliser le passage de la classe de risques 3 à la classe de risques 4. Cette dernière concerne les bois d'oeuvre extérieurs en contact avec le sol tels que ceux utilisés pour la conception des poteaux, des traverses de chemins de fer ou des meubles de jardin.

Le projet s'accompagnera aussi du transfert de la technologie vers un millier de PME-PMI de l'industrie du bois, représentées par des associations professionnelles nationales issues de sept pays (Espagne, Estonie, France, Grande-Bretagne, Lituanie, Roumanie et Suède).

Dernière préoccupation du LCA : la possibilité de développer une version grand public, ou tout au moins au bois déjà en place. « Le simple badigeonnage au pinceau n'est pas suffisant pour imprégner le bois correctement », explique Carlos Vaca Garcia. Un système d'injection pourrait apporter une solution.

Parallèlement, l'Onidol et la société compiégnoise Novance étudient l'industrialisation de la version de classe de risques 3, qui concerne les bois d'oeuvre extérieurs temporairement humides, comme ceux utilisés dans les charpentes ou les volets.

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