En direct
du salon du Bourget 2013

L'Usine de l'Energie

L’Energie, c’est aussi l’affaire de l’industrie. Pour comprendre les enjeux de la transition énergétique, suivre le développement des énergies renouvelables, décrypter les politiques environnementales et mesurer l’impact de ces changements sur la compétitivité des usines, L'Usine Nouvelle donne la parole aux industriels. Solaire, éolien, gaz de schiste, nucléaire, hydrogène, pétrole, charbon, biomasse, énergies offshores, isolation des bâtiments… toutes les énergies et les sujets seront traités par nos journalistes et notre réseau d’experts.
 

L'Usine de l'Energie

Un Toulouse-Le Bourget avec 10 % de biocarburants

Par  - Publié le
Champ de colza - biocarburant
© giovanni_novara - Flickr - C.C

Airbus, Air France, Safran et Total ont effectué ce jeudi 20 juin un vol de démonstration Toulouse-Le Bourget d'un Airbus A321 alimenté avec 10 % de biocarburant.

Airbus, Air France, Safran et Total ont effectué ce jeudi 20 juin un vol de démonstration Toulouse-Le Bourget d'un Airbus A321 motorisé par des moteurs Snecma CFM 56, alimentés à hauteur de 10 % en biocarburant. L’avion utilisait un carburant Biojet A-1 élaboré par Amyris, une société créée en 2003 dont Total détient 18,5 % du capital.

L’avion carburait au farnésène, une molécule qui, une fois hydrogénée devient du farnésane qui peut être intégré dans les carburants d’aviation ou dans le diesel. Total souhaite commercialiser ce produit, en cours de certification, d’ici un an.

Objectif : un taux d’incorporation de 30 à 40 %

Cette initiative, baptisée "Biofuel initiative France" vise à démontrer la capacité à mettre en place une filière française de biocarburants, notamment en lien avec l’initiative de la Commission européenne "Biofuel Flight Path" visant à développer une production européenne de biocarburant de 2 millions de tonnes à l’horizon 2020 pour l’aviation civile, soit moins de 4 % de la production actuelle de kérosène.

"Techniquement, on sait faire des biocarburants, assure Bertrand Lebel, directeur adjoint de la direction général organisation et développement durable d’Air France. L’objectif, c’est d’aller à un taux d’incorporation de 30 à 40 % à un coût compétitif d’ici une dizaine d’années, ce qui est plus compliqué".

Selon Air France, la contribution de l’aviation dans les émissions mondiales de CO2 d’origine humaine est d’environ 2%, et augmente mécaniquement avec le trafic mondial, qui progresse de 4 à 5 % par an. La compagnie vise à soutenir une augmentation du trafic aérien à niveau constant de CO2.

Deux fois plus cher que du kérosène fossile

"Nous avons plusieurs éléments pour réduire l’impact CO2, précise Bertrand Lebel, comme la modernisation de la flotte, les procédures de pilotage plus économes : routes plus courtes, nouvelles procédure d’approche des aéroports, roulage sur un seul moteur. Mais la recherche sur les carburants est l’un des axes privilégiés". Selon la compagnie, le coût des biocarburants est aujourd’hui deux fois plus élevé que celui du kérosène fossile.

"Air France travaille sur plusieurs axes. Nous avons par exemple un projet de recherche avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) sur la valorisation de déchets de bois", explique directeur adjoint de la direction général organisation et développement durable d’Air France. La compagnie devrait d’ailleurs prendre une participation dans la société qui industrialisera la production qui devrait atteindre 15 000 tonnes par an à l’horizon 2018. La compagnie a également lancé une initiative conjointe avec KLM sur la valorisation des huiles usagées.

Patrick Déniel

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
Recevez nos newsletters

Identifiez-vous