Un salon de la Défense à Singapour bienvenu pour les militaires de la région
Par Hassan Meddah - Publié le
Salon de référence en matière d'équipements militaires dans la région Asie du Sud-Est, le Singapore Airshow vient d'ouvrir ses portes. La nécessité de remplacer des flottes d'appareils vieillissantes mais également le climat de tension qui règne entre les différents pays voisins de la région, assure son dynamisme.
Un officier singapourien en uniforme, un attaché-case à la main et téléphone portable de l'autre, tourne autour de l'hélicoptère d'attaque AW 149 sur le stand d'Agusta Westland. Quelques allées plus loin, une délégation de militaires asiatiques s'affairent autour du dernier modèle de blindé chevillé sur le stand Singapore Electronics…
Pas de doute, le Singapore Airshow 2012 a ouvert ses portes aujourd'hui. Tout le gratin militaire de la région à fait le déplacement. Environ 40 000 visiteurs professionnels sont attendus entre les 14 et 19 février.
Preuve du caractère incontournable de la manifestation, les ministres de la Défense de Singapour, de Malaisie, d'Indonésie, du Cambodge, du Vietnam et même leur homologue français Gérard Longuet ont fait le déplacement. "Il faut voir ma visite comme un geste de soutien aux entreprises françaises présentes à Singapour" a-t-il précisé.
Un ministre d'autant plus satisfait que les industriels français de la Défense ont réalisé un chiffre d'affaires à l'exportation de 6,5 milliards d'euros en 2011, soit 1,2 milliards de mieux qu'en 2010. "L'année 2012 est très prometteuse dans cette région", a-t-il ajouté.
Le chasseur chinois FC-1 en exposition
Ainsi la Malaisie dépense environ 900 millions d'euros par an en équipements militaires ; Singapore, son voisin plus riche, environ le double. La cité état envisage par exemple de remplacer ses appareils vieillissants comme sa flotte de ravitailleurs, des Boeing KC135, ou encore ses patrouilleurs, des vieux Fokker 50.
Côté maritime, il devrait s'équiper de nouvelles corvettes pour assurer la sécurité du transport par bateau. Autant d'opportunités pour Airbus Military et son avion de transport A400M mais aussi pour Thales et DCNS pour des ventes de radars et de mâts militaires.
Face aux multiples besoins exprimées par les armées, acheteurs et vendeurs sont sur le pied de guerre. Et malgré le bruit assourdissant des Mig 29 russes ou autres F-16 américains en démonstration, ils ont matière à s'entendre. Les vendeurs d'armes ont tout ce qu'il faut pour plaire aux armées : avion de combat, drones, missiles, fusils-mitrailleurs, blindé...
Les fabricants d'avions de chasse sont aussi là en force. Boeing y présente par exemple le nouveau cockpit de son F-15. "On a revu complètement l'avionique avec un grand écran central pour faire remonter plus d'informations au pilote et des nouvelles commandes de vol électriques. L'appareil sera disponible dans une poignée d'années", explique l'un des pilotes instructeur en charge de la formation chez Boeing.
Dans l'allée qui fait face, Calit, la branche militaire du groupe aéronautique chinois AVIC, affiche ses nouvelles ambitions et présente son chasseur, le FC-1. "Nous avons remporté l'an dernier notre premier appel d'offres à l'étranger, avec le contrat au Pakistan portant sur 80 appareils", explique une porte-parole.
Sur le tarmac, le dernier né des avions de chasse, l'impressionnant F35 de Lockheed Martin, est également en présentation.
Autre appareil pour la première fois sur le tarmac de Singapour, l'avion-ravitailleur de la division militaire d'Airbus : l'A330 MRTT (multi role tanker transport). "La pré-campagne commerciale pour le futur appel d'offres de l'Air Force de Singapour a démarré. L'armée envisage de commander 4 à 5 appareils pour remplacer ses Boeing KC 135 vieillissants", analyse un connaisseur du domaine.
Mais ce n'est pas le seul espoir de l'avionneur européen. La Malaisie qui a commandé 4 exemplaires de l'A400M, l'avion de transport militaire d'Airbus, pourrait faire des envieux. Et ses voisins pourraient donc s'équiper à leur tour.
Selon des observateurs, ce salon devrait générer plus de 10 milliards de dollars (US) de commandes, civiles et militaires confondus. A Singapour, business et Défense font bon ménage. !

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