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Un safari, c'est aussi une usine...

Par Solène Davesne - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3268
Safari
© Frank May/AFP

En Afrique du Sud, la réserve privée de Phinda organise des safaris photographiques pour des touristes fortunés. Son credo : pour protéger la nature, il faut lui donner un prix.

Bien installé dans la Jeep, le touriste n'est pas étonné de les trouver sur le bord de la piste. Les zèbres et la girafe non plus. Créée en 1990, la réserve privée de Phinda (Afrique du Sud) s'étend sur 22 000 hectares. On y croise aussi des grands fauves, dont la présence garantit les sensations fortes.

La production - De 10 à 15 % des ressources de la réserve proviennent de la vente d'animaux sauvages. En vingt et un ans, la réserve a vendu 60 guépards, 70 lions et 45 éléphants à d'autres parcs. "C'est un marché un peu particulier, où il est difficile de fixer un prix", s'amuse Les Carlisle, le directeur de la conservation du parc.

L'amélioration continue - La réserve mène des programmes de recherche sur les rhinocéros noirs, les hyènes... Les rangers suivent de près les populations pour affiner les politiques de conservation et de réintroduction des espèces. Gare à la surpopulation. En Afrique du Sud, les éléphants sont en surnombre dans les parcs. La réserve s'est du coup spécialisée dans un programme de contraception des éléphants, un savoir-faire dont elle tire aussi des revenus.

La prime d'intéressement - Depuis 2007, la propriété de la terre a été rendue aux communautés locales, soldant ainsi l'héritage de l'apartheid. La réserve leur verse un loyer de 30 000 rands (2 870 euros), assorti d'intéressement aux bénéfices et d'un accès privilégié aux 350 emplois fixes et aux milliers de postes des prestataires. "Pour protéger les animaux, il faut qu'ils aient plus de valeur vivants que morts dans ces zones très pauvres", pense Les Carlisle.

L'approvisionnements contrôlés - La réserve surveille au plus près les flux entrants. Chaque matin, les lodges reçoivent par informatique le détail de leur consommation de la veille en gas-oil - qui sert à alimenter tous les générateurs - et le taux d'occupation de leurs chambres. "L'objectif est de faire baisser de façon continue le nombre de litres par touriste", assure Jonathan Braack, le responsable développement durable. Pour en réduire encore la consommation, une petite station de biogaz a été construite. Reste un point faible : l'approvisionnement en légumes. La réserve cherche à développer des cultures maraîchères dans les villages environnants.

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