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"Un retour de la stabilité mi-2012 en zone euro"

Par Solène Davesne - Publié le
Euros
© Images of Money - Flickr - C.C.

Ce début d'année reste marqué par de lourdes incertitudes quant à la capacité de l'Europe à réagir face à la crise qui la touche depuis plusieurs mois. Quelles visions peut-on en avoir ? Suite de notre série quotidienne sur ce que pourrait nous réserver 2012 en termes industriels et économiques, avec Dominic Wilson, co-directeur de la recherche chez Goldman Sachs.

L'avertissement de S&P sur les 17 membres de la zone euro en décembre dernier affecte-t-il vos prévisions ?
Il confirme plutôt nos prévisions. Les agences de notation ne font que confirmer que la crise se propage jusqu'au cœur de la zone euro et n'est pas qu'un problème exclusivement des pays périphériques. Dans notre scénario de base, nous pensons que la zone euro va connaître une récession marquée en 2012 et que les pressions financières vont probablement s'aggraver sur le court terme. Mais cette dégradation devrait pousser les dirigeants européens à accepter de nouvelles règles dans les prochains mois pour durcir les règles budgétaires, ce qui aboutira à un retour de la stabilité au cours de l'année 2012.

Attendez-vous un resserrement du crédit dans la zone euro ?
Oui, mais jusqu'à un certain degré. La nécessité pour les banques d'améliorer leurs ratios de capital, la faiblesse de la croissance et le risque accru sur les dettes souveraines devraient conduire de nombreuses banques européennes à réduire leurs bilans. Mais il est par contre peu probable que la contraction du crédit soit aussi importante qu'en 2008 car la BCE réagit actuellement de façon très agressive pour fournir les liquidités nécessaires. On devrait plutôt assister à une lente mais constante réduction du crédit.

Vous prévoyez une stabilisation progressive mi 2012 dans la zone euro. Comment ?
Notre scénario central prévoit que les dirigeants européens parviennent à faire suffisamment d'avancées politiques pour qu'une certaine stabilité financière revienne en zone euro au cours des prochains mois. Cela suppose que l'on se mette d'accord sur de nouveaux mécanismes fiscaux qui ouvrent la voie à un soutien plus important aux Etats fragilisés notamment via la BCE. Cela permettrait de briser le cercle vicieux actuel entre le risque souverain, les difficultés de la sphère financière et la croissance. Nous prévoyons aussi que la politique monétaire de la BCE devrait rester accommodante et que la zone euro devrait profiter d'un petit redémarrage de la croissance mondiale dans la deuxième partie de l'année. Mais même ainsi, la stabilisation de la croissance prévue est susceptible d'être lente et modeste. Bien sûr, si aucun accord politique n'est trouvé à la crise européenne, la récession risque de se prolonger.

Aux États-Unis, attendez-vous une amélioration continue des marchés de l'emploi, puisque les derniers chiffres ont été meilleurs que prévu ?
Nous ne prévoyons pas une amélioration pérenne du marché de l'emploi. Les derniers chiffres de la croissance et de l'emploi sont certes meilleurs que prévus. Mais pour vraiment faire baisser le chômage, vous avez besoin d'une période prolongée de croissance au-dessus de la croissance de long terme. Cela risque d'être difficile à atteindre dans les années à venir, étant donné les restrictions budgétaires aux Etats-Unis et l'impact de la crise en Europe. Les Etats-Unis devraient conserver une faible croissance positive. Cela devrait suffire à stabiliser le taux de chômage mais pas à le faire baisser. Notre prévision est que le taux de chômage américain devrait rester près de 9% pour les deux prochaines années. Et sur cette base, nous pensons qu'il y a une bonne chance que la Fed continue à se montrer accommodante.

Quel sera l'impact sur les Etats-Unis de la crise de la zone euro ?
Au maximum, la crise de la zone euro devrait coûter un point à la croissance américaine jusque mi-2012. C'est bien sûr un coup de frein supplémentaire pour l'économie croissance américaine mais ne suffira pas à la placer en récession. Il passe par trois canaux de transmission : des conditions financières plus restrictives, moins de crédit bancaire, ce qui risque d'avoir l'impact le plus fort et une réduction des exportations vers la zone euro. Mais jusqu'à présent, cet impact a été plus faible que ce que nous avions prévu.

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