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L'usine Agro

Un rapport du Sénat appelle à plus de vigilance sur la sécurité des aliments en France

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Deux sénateurs se sont intéressés à la politique de sécurité sanitaire des aliments. Face à de nouveaux risques, ils appellent l’Etat à améliorer les contrôles dans l'industrie de l’agroalimentaire.

Un rapport du Sénat appelle à plus de vigilance sur la sécurité des aliments en France
Les sénateurs s'inquiètent de la baisse des moyens consacrés par l’Etat à la sécurité des aliments
© D.R.

Hasard du calendrier. Alors que le Brésil affronte un scandale de viande avariée pourtant homologuée à l’export, deux sénateurs français présentaient mardi 28 mars leur rapport sur le contrôle budgétaire de la politique de sécurité sanitaire des aliments. Leurs conclusions dépassent largement le cadre des finances. Un bon point, d’abord. "La France demeure une référence au plan mondial quant à la qualité des produits agroalimentaires issus de notre pays, estime Yannick Botrel, aviculteur et sénateur du Groupe socialiste et apparentés. Cette qualité est un argument commercial : beaucoup de pays font confiance à notre système de sécurité sanitaire. On y voit même s’implanter des opérateurs étrangers, comme le chinois Synutra qui a créé dans le Finistère une usine de poudre de lait dont il veut déjà doubler la production, suite au scandale de lait frelaté qui avait éclaté en Chine et affecté des nourrissons."

30 ans... pour contrôler tous les établissements

Problème, malgré un sursaut récent avec 180 postes de vétérinaires promis en trois ans, et un budget de 509 millions d’euros en 2017 contre 488 millions en 2016, les moyens consacrés par l’Etat à cette politique ont largement diminué. Au rythme actuel des contrôles de la DGAL et de la DGCCRF, "il faudrait plus de trente ans pour assurer le contrôle exhaustif des établissements" de production alimentaire, alerte Yannick Botrel.

Perturbateurs endocriniens, grippe aviaire, pesticides…

Or il faut au contraire remonter la garde face à d'éventuels nouveaux risques émergents, estiment les sénateurs, qui indiquent redouter l’impact sur la santé des perturbateurs endocriniens, de la mutation du virus de la grippe aviaire, des pesticides ou des OGM consommés par les animaux … Les pathologies humaines liées à l’alimentation représentent au moins 250 décès annuels, près de 60 000 cas d’hépatite E ou 900 000 pathologies bactériennes, selon eux.

Plusieurs secteurs particulièrement à risque

Avant même l’intervention des services de l’Etat, la sécurité sanitaire repose en premier lieu sur l’ « autocontrôle » des entreprises, dotées d’« une obligation de résultat de premier rang ; elles doivent produire des denrées sûres ». Mais les sénateurs estiment ce niveau de vigilance insuffisant. En particulier dans les abattoirs de volaille, mais aussi les denrées végétales, les médicaments vétérinaires, les aliments pour animaux… En 2013, le scandale de la viande de cheval  (qui était une fraude, mais n'a pas constitué un problème sanitaire) avait déjà fait l'effet d'un électrochoc dans le secteur.

Faciliter et valoriser la responsabilité des entreprises

"Il faut faciliter et mieux valoriser la responsabilité de premier rang des entreprises", estime Alain Houpert, médecin radiologue et sénateur Les Républicains. En valorisant les mieux-disant, en aidant ceux qui rencontrent des difficultés. Afin que ne soient pas dans le vert uniquement les grands groupes, capables par exemple de financer leurs propres laboratoires d’analyse internes, notamment dans les abattoirs. Cela permettrait aussi de répondre aux attentes de Français désireux de plus de bio, traçabilité et circuits courts, estime-t-il.

Les sénateurs préconisent par exemple d’étudier des mécanismes financiers favorisant la mise à niveau des entreprises de l’agroalimentaire, de mutualiser les résultats des autocontrôles et les échanges avec l’Anses afin d’améliorer les bonnes pratiques. Dans la perspective aussi de constituer une base de données facilitant l’analyse des risques. Leur promesse : pousser ce dossier auprès des ministères compétents dès la fin des échéances électorales, afin de faire évoluer les pratiques et renforcer les moyens de la politique de sécurité sanitaire des aliments.

 

 

Améliorer le contrôle par l'Etat... et au sein de l'Europe ?
Services de l’Etat éparpillés entre plusieurs directions et ministères, laboratoires d’analyse locaux, services vétérinaires… Comment gagner en efficacité et en visibilité, éviter les conflits d’intérêt, avec un budget maîtrisé ? Les sénateurs relancent l’idée de la création d’un établissement public chargé des opérations de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments. Ils dénoncent aussi un manque d’harmonisation à l’échelle du Vieux Continent des systèmes nationaux de contrôle de la sécurité sanitaire, alors même que la réglementation est européenne. Les sénateurs aimeraient enfin voir le travail de l’Anse mieux valorisé à l’échelle européenne, tout comme ses missions de surveillance et de recherche, peu compatibles à leurs yeux avec ses missions de gestion.

 

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