Un rally bref ou soutenu à Wall Street ?

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NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé son premier semestre en force, dopée par les résultats inattendus du sommet européen des 28 et 29 juin, qui ont contribué à lever partiellement les incertitudes du marché.

Mais ce rally est-il un feu de paille ou est-il durable?

Les indices S&P-500 et Nasdaq Composite ont enregistré vendredi leurs meilleurs gains en pourcentage depuis décembre.

"Je ne pense que cela remette les choses en cause fondamentalement", dit Quincy Krosby (Prudential Financial), à propos des accords scellés lors du sommet européen, en matière de recapitalisation bancaire notamment.

"Je crois toutefois que c'est la première fois qu'on a une réponse relativement rapide sur ce qu'ils (les dirigeants de la zone euro) vont faire à ce sujet".

La différence est cette fois-ci que les gains de Wall Street ont été durables et se sont amplifiés durant la séance, alors qu'ils s'évaporaient rapidement en réaction aux précédentes annonces qu'avaient pu faire les dirigeants de la zone euro pour combattre la crise de la dette.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a gagné 1,9%, le S&P 2% et le Nasdaq 1,5%. Sur le mois, le Dow a progressé de 3,9%, le S&P de 4% et le Nasdaq de 3,8%.

Mais sur le trimestre, le Dow perd 2,5%, le S&P 3,3% et le Nasdaq 5,1%. En revanche, pour le premier semestre, le Dow prend 5,4%, le S&P 8,3% et le Nasdaq 12,7%.

"Le MES/FESF aura-t-il assez de capital? C'est la question. Sinon, est-ce que la BCE acceptera de lui octroyer une licence bancaire, augmentant de fait sa capacité? Là encore, c'est à voir", dit Peter Boockvar (Miller Tabak). "Pour l'heure on traite surtout les symptômes mais le problème de fond - dette excessive et croissance manquant à l'appel - demeure".

Quelque réaction qu'ait Wall Street la semaine prochaine, elle risque d'être amplifiée par des volumes creux, les marchés étant fermés le 4 juillet pour la fête de l'Indépendance.

Ce sera surtout la Banque centrale européenne (BCE) qui attirera l'attention, les intervenants se demandant si elle abaissera ses taux pour faire bonne mesure avec ce qui a été annoncé au sommet européen.

La plupart des économistes interrogés par Reuters pensent qu'elle s'exécutera jeudi. Quant à ce qu'elle reprenne ses achats d'obligations, c'est une autre question car le sujet divise au sein même de l'institut d'émission. La BCE a déjà assoupli ses règles de collatéral pour aider l'Espagne à accéder à ses financements.

Le marché obligataire européen sera lui aussi observé avec attention. L'Espagne adjugera du papier à trois, quatre et 10 ans jeudi. La France placera de sept à huit milliards d'euros de papier long le même jour.

Le calendrier des indicateurs américains sera également chargé, surtout après le 4 juillet, avec en point d'orgue la statistique de l'emploi de juin.

Angela Moon, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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