EXCLUSIF Selon nos informations, l’arrivée de GM au capital du constructeur français ne serait qu’une partie de l’alliance en cours de négociation. Un projet de plate-forme low-cost serait l’un des éléments au cœur des négociations entre les deux industriels.
Après les révélations du site latribune.fr la semaine dernière sur des négociations en cours entre General Motors et PSA Peugeot-Citroën, on parle désormais d’une alliance capitalistique limitée. Le premier serait prêt, selon le journal Les Echos, à prendre 5% du capital du constructeur français. Mais ce volet financier n’est qu’une partie des discussions en cours. A l’image du partenariat que Renault a noué avec Daimler il y a deux ans, PSA et GM discuteraient surtout de collaborations technologiques et industrielles.
Selon nos informations, l’un des points de la négociation avec l’américain porterait sur le développement d’une plate-forme mondiale commune dédiée aux véhicules à bas coût. Cette "plate-forme populaire partagée", comme la nomme notre interlocuteur, porterait le nom de code B-Popular (B-Pop) et servirait de base à des modèles d’entrée de gamme.
Selon notre interlocuteur qui a souhaité rester anonyme, la cible privilégiée serait celle des marchés émergents. "L’idée est de concevoir une voiture familiale populaire pour les pays en développement comme le Brésil, l’Inde, la Chine…", souligne-t-il. Ces modèles développés pourraient être commercialisés au Brésil, l’un des marchés les plus dynamiques du moment.
PSA, qui avait longtemps dénigré le segment low-cost, a déjà travaillé sur un concept identique il y a deux ans. Mais faute d’argent (il le menait en solo), le constructeur automobile français a dû suspendre ce projet qui devait être industrialisé dans son usine de Vigo, en Espagne. Au siège de PSA, on reconnaît d’ailleurs que cette ambition est toujours d’actualité. "Mais si nous lancions un tel projet, ce serait sous une autre marque et pour les pays émergents", tempère-t-on du côté du siège de la Grande Armée.
Une alliance extrêmement pertinente
Seule certitude : pour s’imposer sur les marchés émergents et s’assurer des volumes, PSA doit être présent sur le segment des voitures populaires. "C’est une carte indispensable pour PSA. Leur approche des marchés émergents via le premium est une illusion, car un marché se développe par le ventre. Et pour cela, il faut des modèles inférieurs en termes de prix, Renault réussit grâce à cette approche ", analyse Bernard Jullien, le directeur du Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile (Gerpisa). "Pour faire de la masse, il faut se baser sur les petits véhicules. Au Brésil, ils représentent 60 % du marché, le premium seulement 10 %", renchérit Gérard Morin, le responsable du secteur automobile chez PricewaterhouseCoopers.
Dans cette optique, une alliance avec General Motors serait extrêmement pertinente. "L’américain dispose d’une plate-forme low-cost développée avec Daewoo, commercialisée sous la marque Chevrolet. C’est, aujourd’hui, le seul constructeur dans le monde à pouvoir faire de l’ombre à Renault-Dacia", souligne Florent Couvreur, analyste chez CM-CIC Securities. PSA aurait tout à gagner à associer son lion à un "General" !









