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Un "ouvrier du regard" dans les usines

Pascal Gateaud ,

Publié le

Le Jeu de Paume, à Paris, consacre une exposition rétrospective au photographe François Kollar, l’un des plus grands reporters industriels des années 30 puis de l’après-guerre.


Métiers du fer. Goujonnage d'un cylindre de moteur. Société alsacienne de construction mécanique, Mulhouse (Haut-Rhin), 1931-1934

Oubliez la photographie humaniste d’un Doisneau, à l’époque employé chez Renault, ou celle d’un Willy Ronis, qui documenta, lui, les manifestations ouvrières du Front populaire. Votre intérêt pour les images de François Kollar n’en sera pas moins récompensé. Ce photographe d’origine hongroise, qui débuta dans la mode et la publicité, a documenté comme pas un la France industrielle des années 30 et des années 1950-1960.

Le Jeu de Paume, à Paris, qui lui consacre une rétrospective, rend toute à sa place à cet "Ouvrier du regard", le titre de l’exposition et du magnifique catalogue qui l’accompagne.

Doté d’une solide technique et expérimentant tout le vocabulaire des modernes de l’époque – photomontage, solarisation, etc.-, Kollar créé "des images dont le sujet, soigneusement mis en scène par la lumière, se révèle avec clarté au service de leur fonction documentaire", explique Pia Viewing, la co-commissaire de l’exposition au côté de Matthieu Rivallin. Si son œuvre est passée à la postérité, c’est en raison d’un engagement exceptionnel. En 1931, Kollar reçoit une commande des éditions Horizons de France intitulée "La France travaille", qui sera publiée sous la forme de quinze fascicules entre 1932 et 1934.


D'une main, l'ouvrier fait tomber le sable, Automobiles Renault, Billancourt (Hauts-de-Seine), 1931-1934

Quatre années durant, Kollar visite les chantiers navals, les mines, les usines, mais aussi les campagnes, accumulant plus de 2 000 clichés couvrant l’activité rurale et industrielle de vingt régions françaises. Il y a est tout à la fois question d’un monde qui va disparaitre, celui du travail des champs avant la mécanisation de l’agriculture, et de la modernité d’une industrie triomphante. "Il perçoit qu’à l’époque les travailleurs sont encore au cœur du monde industriel, à l’articulation nécessaire entre la technologie et la valeur intrinsèque de l’industrie ou de la production agricole et artisanale", analyse Pia Viewing.


Chaussures Bata, Rufisque (Sénégal),1951

Kollar refuse de s’engager. "Kollar photographie un peuple en apnée. Suspendus, sans souffle, hors de l’histoire sociale qui est la leur, les ouvriers et ouvrières de Kollar se consacrent à leur fonction première par laquelle ils s’intègrent à la société et se réalisent à titre individuel : le travail", juge Pia Viewing. Il en sera de même quand Kollar photographiera la réalisation d’infrastructures en Afrique-Occidentale française, privilégiant, encore et toujours, l’homme et la femme au travail. Sa plus grande subjectivité, Kollar la réservera à des photos de mode, dont un étonnant portrait de Madame Schiaparelli…


Madame Schiaparelli, 1932
 

Pascal Gateaud

 

Exposition "François Kollar, un ouvrier du regard", jusqu’au 22 mai, Jeu de Paume, 1, Place de la Concorde, 75008 Paris. Mardi de 11 heures à 21 heures, du mercredi au dimanche, de 11 heures à 19 heures.

 

Catalogue: "François Kollar, un ouvrier du regard", 192 pages, 35 euros, Editions La Martinière- Jeu de Paume.

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