Un nouveau président et une version 3.0 pour System@tic
Par Aurélie Barbaux - Publié le
Dominique Vernay étant parti s'occuper de la destinée du campus de Saclay, c'est Jean-Luc Beylat, président d'Alcatel-Lucent Bell Labs France, qui prend la présidence du pôle de compétitivité System@tic Paris Région. Un pôle dont l'avenir semble déjà bien tracé.
Le vote est quasi-unanime. Jean-Luc Beylat, président d'Alcatel-Lucent Bell Labs France, a été élu président du pôle System@tic Paris Région, par 43 voix pour sur un total de 45 votants. Il va donc remplacer Dominique Vernay, ancien directeur recherche et technologie de Thales, qui présidait le pôle depuis ses débuts en 2005 et qui n'avait pas prévu de céder sa place.
Mais la future silicon valley francilienne aura bien besoin de ses talents de coordinateur pour mettre en place une gouvernance solidaire, suffisamment rassurante pour le jury des investissements d'avenirs, qui a pour l'instant recalé le dossier d'initiative d'avenir (Idex)du campus et renvoyé la copie de l'institut de recherche de technologie (IRT) System@tic, dédie au systèmes complexes. "Nous présenterons un nouveau dossier, mais une labellisation n'est jamais acquise", reconnaît, prudent, Jean-Luc Beylat.
Si l'avenir de l'IRT est incertain, celui de System@tic est déjà bien tracé. "Nous allons refondre les statuts d'ici à fin 2011 pour changer la gouvernance du pôle à partir de 2012", prévient le nouveau président. Un collège d'investisseurs va en effet être créé, aux côtés des collèges historiques de grandes entreprises, des PME et des organismes de recherches publics. "Une vingtaine d'investisseurs sont déjà intéressés à nous rejoindre. L'idée est que les financements privés deviennent majoritaires dans la gouvernance du pôle." Majoritaires pour financer les missions qui relèvent de l'intérêt des entreprises.
"La gouvernance a des missions qui peuvent être supportées par les membres", précise Jean-Luc Beylat. En revanche, certaines missions d'intérêt local, comme l'animation de communautés, seraient à la charge des collectivités locales.
De fait, l'État devrait se désengager du financement direct des pôles à partir de 2013. System@tic prend les devants. En revanche, pas question de se passer du fonds unique interministériel (FUI), qui finance l'usine à projet de R&D que le pôle doit représenter.
Pour les 600 membres du pôle, dont 380 PME, cela reste un de ses principaux attraits. "Mais le FUI 3.0 devra tenir compte des financements des investissements d'avenir", avance Jean-Luc Beylat.
Pour sa version 3.0, le pôle a aussi prévu un plan Méditerranée et de s'investir plus dans l'accès aux marchés de ses membres PME, en collaboration avec le Pacte PME nouvelle formule, lui aussi.
Et bien sûr, l'Institut de recherche technologique Sytem@tic, s'il est finalement labellisé, prendra une place centrale dans les programmes de R&D collaboratifs "mais sur des projets à plus long terme et plus fédérateurs", précise encore Jean-Luc Beylat.
"Pour assurer la pérennité du pôle, dans sa phase 3, nous voulons un système autosuffisant", résume finalement le nouveau président. Sollicité, Bercy est bien sûr tout à fait en phase. Sytem@tic a même déjà fait partager ses nouvelles orientations avec les membres du club des pôles, pour les inciter à suivre sa voie vers l'autonomie. Mais pas sûr que les 71 pôles français arrivent à mobiliser les mêmes ressources.

dans la même rubrique
27/05/2012 Comment l'Ukraine sortira-t-elle de l'Euro ?27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy
27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts












