Un millier de navires à la casse
Par Olivier Cognasse - Publié le
L'ONG Robin des bois annonce un record de navires mis au rebut. Un chiffre conséquent, mais insuffisant pour faire face à la surcapacité des armateurs.
Jamais autant de navires n'avaient dû quitter les mers pour finir dans les chantiers de déconstruction asiatiques. Les chiffres publiés par l'ONG Robin des bois font état exactement de 1 020 navires partis à la casse en 2011.
70 % d'entre eux ont rejoint l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh. Les autres ont pris le chemin de la Chine et de la Turquie. Rien en Europe et en France, où on attend toujours le site de démantèlement promis depuis plus d'un an par le gouvernement. Ce site devrait déconstruire des navires de défense et de pêche.
En dehors du coût de la main d'œuvre, l'Europe souffre d'un autre handicap. Le prix de la tonne d'acier d'un navire à déconstruire. Le tarif est de 400 dollars en Chine, et va même jusqu'à 475 dollars en Inde contre seulement 200 dollars sur le continent européen.
Des surcapacités importantes
Les données de Robin des Bois sont proches des statistiques de l'agence britannique Clarkson, qui fait référence dans le monde du shipping. Selon cette agence, 994 navires sont partis à la casse en 2011 contre 901 en 2010.
"Ces chiffres sont relativement stables depuis 2009", analyse Boris Fedorovsky, le conseiller technique et économique du Groupement des industries de construction et d'activités navales (GICAN). "Mais ils ont fortement augmenté par rapport aux années 2004-2008, qui ont marqué un véritable boom du shipping. Tout le monde se faisait des fortunes et les démolitions étaient peu nombreuses."
Actuellement, les surcapacités sont importantes. Il faudrait donc détruire encore plus de navires. "S'il y a eu un boom de la démolition des vraquiers, la surcapacité existe encore. Pour les porte-conteneurs, c'est pire. Peu d'entre eux ont été détruits et les livraisons de bateaux neuf continuent. Les armateurs ont souffert en 2011 et cela risque d'être pire en 2012", indique le Gican.
Une bonne nouvelle tout de même : ces destructions rajeunissent une flotte parfois ancienne et limitent les risques d'avaries et de pollution.

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