"Un industriel en difficulté n'a pas d'autre alternative que le chômage partiel"

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Lancement de la production sur le site de PSA Mulhouse de la 208
© D.R. - PSA Peugeot Citroën

  Alors que les chantiers navals de St-Nazaire STX ont annoncé 19 000 journées de chômage partiel en septembre et octobre pour 800 salariés, le syndicat industriel allemand IG Metall enjoint Berlin à renouveler les mesures exceptionnelles prises pendant la crise de 2009. Le point sur cette procédure plébiscitée par les industriels avec Jean-Christophe Sciberras, président de l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), et DRH de Rhodia France (groupe Solvay).

L’Usine Nouvelle - En quoi le chômage partiel est-il une bonne solution pour une entreprise ?
Jean-Christophe Sciberras - En cas de réduction ou de suspension d’activité, il permet de conserver à l'effectif ses salariés et d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi. Il est provoqué afin de dépasser un trou d’activité temporaire dans des conditions financières acceptables. C’est un système réactif qui évite les licenciements, c’est donc positif, car le jour où les affaires vont mieux, les salariés sont toujours là. L’allègement des charges sociales sur les salaires payés en chômage partiel est aussi un point important dans ces situations difficiles .

STX, Michelin, PSA Peugeot Citroën…  les entreprises françaises profitent-elles de l’allègement des procédures intervenu début 2012 pour multiplier les périodes de chômage partiel ?
La principale mesure a été de supprimer l’autorisation préalable de l’administration. Pour les entreprises, le risque est de voir le chômage partiel invalidé a posteriori, et de ne pas toucher le remboursement de la part de l’Etat dans l’indemnisation des salariés. Mais cette situation est très rare, car les entreprises cherchent en général à solder les comptes épargne-temps des salariés avant de déclencher une procédure de chômage partiel. Beaucoup de secteurs, et surtout l’industrie automobile, recourent fréquemment au chômage partiel car il n’y a pas d’autre alternative pour éviter des licenciements.

La crise de 2009 a été tellement grave pour nos entreprises que les mesures prises début 2012 ont conduit à porter le contingent annuel
à 1 000 heures de chômage partiel par salarié. On n'en est pas là aujourd'hui. Les difficultés rencontrées aujourd'hui ne peuvent pas être comparées à celles connues de manière brutale avec la crise de 2009. A ma connaissance, rares sont les cas où des salariés ont effectué 1 000 heures de chômage partiel en une année !

Certains syndicats déplorent les périodes de chômage partiel trop longues, pénalisantes pour un salarié qualifié qui aurait des chances d’être embauché ailleurs.
Un salarié peut en effet se dire que le chômage partiel le maintient dans l’emploi et l’empêche de trouver un autre travail où il toucherait pleinement son salaire. Mais c’est une minorité. Le chômage partiel permet de protéger le plus grand nombre face au licenciement, et évite à l’entreprise de perdre en compétence et en effectif qualifié.

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