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Un gratte-ciel, c'est aussi une usine

Par LUDOVIC DUPIN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3247
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© D. R.

À Dubaï, Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde, fierté nationale, est une construction aussi exigeante que la plus complexe des installations industrielles.

Ici, on parle de « ville verticale ». Une bonne description pourla plus haute construction du monde, qui culmine à 828 mètres. Mais lorsqu'on s'intéresse à l'envers de la tour Burj Khalifa, c'est plutôt l'image d'une usine verticale qui vient à l'esprit. Achevée en 2010, cette mécanique gourmande en énergie et en eau accueille une population de 10 000 personnes qui y résident et y travaillent.

1. 5 000 opérations de maintenance par mois. Le franco-belge Cofely Besix, chargé du bon fonctionnement du site, y a posté 120 techniciens présents 24 heures sur 24. Les 615 000 m² de l'immeuble (presque dix-huit fois la surface du Stade de France) requièrent 5 000 interventions par mois, en réparation et maintenance préventive. Les équipes distinguent les opérations à la manière du lean manufacturing, par des codes de couleurs selon leur importance et leur dangerosité.

2. 20 000 machines à entretenir. Les commodités de Burj Khalifa sont dignes des usines les plus gourmandes. Afin de gérer l'eau, l'électricité et le refroidissement, la tour abrite 20 000 machines, dont 9 000 pour la seule fonction air conditionné, associées à 120 grosses unités de traitement de l'air. À cela s'ajoutent une multitude de transformateurs, de systèmes de refroidissement et même un générateur diesel.

3. La consommation électrique de neuf tours Eiffel. Hors refroidissement, la consommation électrique du bâtiment s'élève à 179 MWh par jour, soit l'équivalent des besoins de neuf Tour Eiffel. L'air conditionné, à lui seul, réclame 503 MWh par jour ! Burj Khalifa se montre également gourmande pour le refroidissement et l'alimentation des six piscines à la disposition des résidants : 964 000 litres d'eau chaque jour, soit le volume d'un bassin olympique tous les trois jours.

4. 57 ascenseurs pour assurer les flux. La gestion des ascenseurs est le domaine de l'américain Otis. L'ascensoriste a équipé la tour de 57 ascenseurs. Les plus rapides se déplacent à la vitesse de 10 mètres par seconde, soit 36 km/h. Il faut une minute pour atteindre le 124e étage, où se situe la plus haute plate-forme d'observation au monde, à plus de 400 mètres. En cas d'évacuation, les secours peuvent accéder à une colonne pour faire descendre des groupes de 200 personnes d'un seul coup.

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