Après les Américains, les Britanniques sont les plus grands consommateurs de réseaux sociaux. Un comportement qui se répercute sur le recrutement puisque 53% des dirigeants les utilisent pour y filer des candidats. Un mode opératoire très éloigné des méthodes françaises.
Français et anglais n'ont pas la même approche des réseaux en terme de recrutement. Selon une étude qui vient de paraître sur le site CareerBuilder, 53% des employeurs anglais utilisent les réseaux sociaux pour recruter leurs salariés. 43% font une recherche sur Google, 12% se rendent sur Facebook, et 12% se cantonnent aux réseaux sociaux professionnels en procédant à leurs recherches sur LinkedIn. « Leurs enquêtes de profils terminées », 40% de ces dirigeants indiquent avoir été dissuadés de recruter des candidats en raison du contenu qu'ils ont publié. Comme l'indique Alain Gavant sur le site Nouvelle Donne RH, « on est très loin, semble-t-il, du recrutement par les strictes compétences. (...) Autant l'on peut considérer qu'un profil sur LinkedIn permet de se faire une idée plus précise, autant les gesticulations Facebookiennes ne peuvent constituer une garantie de quoi que ce soit. Cela dit, si l'intrusion des réseaux sociaux dans les processus de recrutement doit s'avérer durable, voire définitive, cela nous ramène bel et bien au fait que les candidats, les salariés d'une façon générale doivent apprendre à gérer leur identité numérique ».
En France, les plateformes sociales restent avant tout un vecteur de communication
Dans l'Hexagone, les décideurs semblent appréhender les choses différemment. Tout au moins officiellement puisque seulement 2% des directions des ressources humaines reconnaissent que les réseaux sociaux peuvent être des modes de recrutement. Ils devraient être environ 10% en 2011 selon le Baromètre des stratégies RH et des réseaux sociaux publié à l'automne dernier sur PixoJob. 80% d'entre eux assimilent les réseaux sociaux à un vecteur d'image et de communication mais pas à une méthode de recrutement. Tout au moins pour l'instant, pour éviter « tout risque lié à la confidentialité ».
Un décalage entre les stratégies sociales des RH et l'accroissement de la population française sur les site communautaires. Selon la dernière étude de l'Ifop sur « Les français et les réseaux sociaux », publiée en janvier 2010 et réalisée auprès de 1002 internautes de plus de 18 ans, 77% déclarent être inscrit à au moins un réseau social. 25% sont membres d'un seul réseau, 34% de deux à trois, et 18% de plus de quatre. En tête de liste des plateformes communautaires recueillant le plus de notoriété : Facebook (97%), Copains d'avant (93%) et Myspace (83%). Toutefois le classement change concernant le nombre de membres sur ces sites : Copains d'avant prend la première place (49%), WindowsLive (46%) et Facebook (37%). Twitter, quant à lui, continue à progresser en terme de notoriété mais, en comparaison, le nombre d'internautes inscrits reste encore faible. La version française, lancée en novembre dernier, devrait récolter ses fruits sur l'année 2010.
Sibylle Lhopiteau


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