Devant des journalistes, lundi 10 septembre, le PDG d'Arianespace Jean-Yves Le Gall s’est exprimé sur la controverse entre partisans d'une version évoluée de la fusée Ariane 5 et ceux qui souhaitent un lanceur nouvelle génération Ariane 6.
"Très clairement, les gens ont vu la nécessité de développer un nouveau lanceur, il commence à y avoir un consensus. Mais il faut d'ici là continuer à faire des lancements - la réflexion sur Ariane 5 ME répond à ça - et puis on va voir comment les choses se mettent en place", a-t-il expliqué.
"C'est très bien qu'il y ait cette réflexion, rien ne serait pire que d'avoir une pensée unique, ce serait la meilleure façon de se tromper", a ajouté Jean-Yves Le Gall.
Du côté des industriels, la balance penche plutôt vers une phase intermédiaire privilégiant le développement de l'Ariane 5 ME (pour "mid-life evolution"). A leurs yeux, cette option a le mérite d'être à la fois moins coûteuse, plus rapide (horizon 2017), et surtout de limiter les risques technologiques.
Quant aux acteurs institutionnels, à l’instar de l'Agence spatiale européenne (ESA) ou son homologue française (CNES) plaident pour un développement rapide, vers 2025, d'un lanceur nouvelle génération (souvent surnommé "Ariane 6") afin de répondre à l'évolution prévue du marché vers plus de flexibilité.
Entre les deux, les Etats-membres de l'ESA, qui soutiennent financièrement une grande partie des activités d'Ariane (à hauteur de 120 millions d'euros par an actuellement) sont confrontés à des contraintes budgétaires et au souci de maintenir l'emploi et les usines dans leurs frontières respectives.
"C'est un exercice que j'ai moi-même connu au milieu des années 1980, à l'époque du débat sur Ariane 4 'turbo', évolution de la fusée Ariane 4, et Ariane 5. Je peux vous dire que ça a pris pratiquement deux ans", a développé Jean-Yves Le Gall.









