Un contrat à risque pour Eiffage
Par Rémy Maucourt - Publié le
Le groupe de BTP Eiffage va construire la ligne à grande vitesse Le Mans - Rennes. Mais l'offre, choisie car moins coûteuse que ses concurrentes, ne laisse pas de marge au groupe en cas de retard.
La future ligne à grande vitesse (LGV) Le Mans – Rennes coûtera 3,4 milliards d'euros. Ce financement est assuré à 40 % par RFF, 30 % par l’Etat et le reste par les régions et les collectivités locales. La région Bretagne paiera une part importante, 1 milliard d'euros. Jean-Yves le Drian, président de la région, est rassuré. "Je suis satisfait car nous sommes sécurisés dans le temps et pour le financement."
Si la région se sent en sécurité, c'est qu'Eiffage paiera des pénalités en cas de retard. Le groupe doit avancer un milliard d'euros, qui lui sera remboursé par l'Etat. Si un site archéologique est découvert ou que des riverains lancent un mouvement d'opposition, Eiffage portera toute la responsabilité des retards. Et aucune modification du contrat n'est à priori prévue en cas de problème.
Le groupe de BTP a déjà une expérience réussie dans le domaine : la ligne Perpignan - Figueras. Ce tronçon à grande vitesse entre France et Espagne a été livré dans les temps, malgré des conditions difficiles (traversée des Pyrénées).
RFF a déjà assuré un "diagnostic archéologique" pour s'assurer qu'aucun site majeur ne se trouve sur le tracé de la LGV. Malgré ces éléments rassurants, il reste qu'Eiffage n'a pas le droit à l'erreur.
Olivier Cognasse & Rémy Maucourt

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