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Un constructeur chinois veut s'implanter dans plusieurs pays émergents

Le 31 août 2010 par Yann Le Houelleur

Dans une interview au journal China Daily, le président de Great Wall Motor (GWM) abat ses cartes : ce constructeur automobile, parmi les plus importants en Chine, mise sur les exportations et la production à l’étranger.

Celui qui se présente, sur son site, comme «le premier groupe automobile côté à la Bourse de Honk Hong» fourbit ses armes pour devenir un constructeur d’envergure planétaire. Great Wall Motor Company Limited (GWM) vient d’annoncer, par la voie de son président Wei Jianjun, qu’il s’apprêtait à prendre pied, en termes de production, au Venezuela, en Malaisie, aux Philippines, au Sénégal et en Bulgarie.
Dans une interview accordée au quotidien anglophone China Daily, Wei Jianjun évoque l’assemblage de 100.000 unités. Ses propos, toutefois, sont retranscrits de manière telle qu’on comprend difficilement s’il s’agit d’une production globale à l’étranger ou si cela correspond à la capacité de chaque usine ainsi mise en œuvre.

Toujours est-il, annonce le président de GWM, que des négociations ont été entreprises avec des partenaires locaux, dans ces pays, pour atteindre les objectifs fixés. Spécialisé dans la conception de trois familles d’automobiles - Sedans, SUVs et Pickup – l’ambitieux constructeur affirme disposer d’une capacité de production, en Chine, de 400.000 unités, développant par ailleurs des compétences dans les pièces détachées. Il dit exporter ses produits dans «120 régions et pays».

Bonnes performances à l'exportation

L’interprétation que l’on peut faire des propos de Wei Jianjun laisse à penser que sa compagnie a mûri le projet de se métamorphoser en un constructeur global après avoir testé ses modèles sur plusieurs marchés et enregistré de bonnes performances à l’exportation. «Pendant les six premiers mois de l’année en cours, nous avons exporté 30.000 unités, une hausse de 51 % par rapport au semestre initial de 2009.» Par ailleurs, ajoute le président de GWM, «nous avons déjà obtenu les certificats de qualité nécessaire pour le marché européen.»

GWM entend continuer à surfer sur la voie des exportations, tout en se mettant à produire dans plusieurs pays : l’objectif, selon son président, est d’écouler 540.000 véhicules à l’étranger à l’horizon 2015, soit 30 % de la production totale de l’entreprise cette année-là.

Mais pourquoi cette volonté, témoignée par GWM, de produire des modèles dans des pays en voie de développement ? Quelques éléments de réponse se trouvent peut-être dans une étude publiée il y a quelques années par la société McKinsey, qui esquissait le scénario suivant : «La Chine pourrait aussi modifier la façon de concevoir les voitures. Dans les années à venir, jamais autant de personnes en aussi peu de temps n'iront s'acheter pour la première fois de leur vie une automobile. McKinsey estime à 20 millions le nombre de "primo-accédants" d'ici à 2015. Ces nouveaux clients n'auront pas la même culture automobile que les acheteurs occidentaux. Pour les constructeurs, c'est une opportunité fantastique pour proposer des véhicules qui joueront sur des critères d'achat différents".

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