UN CONSORTIUM FRANÇAIS DÉVELOPPE LE PLM SANTÉ
Par G. F. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3271
© D.R. ; DR PATRICK GAUTHIER ; ANDREW YATES
Né en 2010 de la rencontre entre les dirigeants de Dassault Systèmes et Ipsen, le projet Biointelligence parvient à fédérer laboratoires publics et privés et experts des logiciels.
Promis, les sciences de la vie auront aussi leur logiciel de développement industriel de produit de santé. Le consortium français Biointelligence travaille en effet au développement de bioPLM, un progiciel de gestion du cycle de vie produit. Il apportera une aide à la décision dans les phases d'identification et de conception de molécules innovantes. Et ce afin d'élaborer plus rapidement des traitements ciblés les plus efficaces et les moins toxiques possibles. Pour répondre réellement aux besoins des industriels, le consortium rassemble des grands de la pharmacie française (Ipsen, Sanofi, Pierre Fabre, Servier, et l'allemand Bayer CropScience en phytothérapie), des éditeurs (Dassault Systèmes, Sobios, Aureus Sciences) et des instituts de recherche publics (Inria, Genopole, Inserm). « Nous souhaitons proposer une expérience 3 D étendue, s'appuyant sur la biologie systémique : la découverte de molécules ou de systèmes biologiques complexes par la simulation numérique », précise Patrick Johnson, le responsable de l'activité recherche de Dassault Systèmes. Une démarche unique. Car s'il existe une concurrence importante dans le domaine de la modélisation numérique en sciences du vivant, très peu d'acteurs maîtrisent la totalité des savoir-faire sur l'ensemble de la chaîne de valeur. « Aucun des autres projets en cours ne se positionne au sein des pratiques et des enjeux industriels », expliquent les responsables du consortium.
Doté de 118,2 millions d'euros sur cinq ans, dont 46,3 millions d'euros d'aides d'Oséo, Biointelligence est « un accord unique au monde, car les États-Unis n'ont pas d'équivalent à Dassault Systèmes pour s'intéresser à la biologie des systèmes, estime François Fages, directeur de recherche en bioinformatique à l'Inria. C'est surtout une révolution culturelle pour l'industrie pharmaceutique ».

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