La ville de Senlis, dans l’Oise, lance son projet de création d’un pôle biomimétisme, accueillant industriels et chercheurs. Il devrait mêler, à partir de 2014, formations spécialisées, recherche mutualisée et développement de start-up.
Senlis, futur modèle de l’Open Innovation en Europe ? La petite ville de 17 000 habitants, dans l’Oise, affiche cette ambition. Car son projet, qui sera lancé officiellement jeudi 20 septembre, est "inédit dans le domaine du biomimétisme", assure Francis Pruche, chercheur et conseiller municipal de Senlis, chargé de ce projet.
C’est lui qui en a eu l’idée. Sur l’emplacement de l’ancienne caserne Ordener, désertée depuis 2009, il veut créer un centre de compétences dans un secteur de l’innovation très en vogue, le biomimétisme, où l’art de copier la nature pour innover dans les domaines les plus variés, de la chimie à l’aéronautique, en passant par l’énergie et le design des objets. "En France, on trouve de nombreux projets dans les laboratoires, mais il n’existe pas de centre fédérateur sur le sujet", justifie Francis Pruche.
Et tant qu’à faire, puisque l’on part de rien, ou presque – les bâtiments de la caserne, sur 10 hectares- autant viser un concept innovant : faire coopérer, sur un même lieu, des industriels et des universitaires sur des projets mutualisés.
Le centre sera un lieu neutre où pourront travailler ensemble des personnes détachées, sur des sujets d’intérêt commun. Des projets dont la durée sera de un à trois ans, et dont le but sera d’identifier et si possible de résoudre des points bloquants pour des applications biomimétiques.
Des subventions en négociation
Les thèmes abordés ? Les biomatériaux, le traitement de l’eau, et les bioénergies. Plus la construction durable et le design. Des têtes de chapitres avancées encore prudemment, mais qui résultent déjà des premiers groupes de travail mis en place avec industriels et universitaires, pour définir le contenu du futur centre, en attendant que les murs soient prêts. Beaucoup d’industriels, grands et petits, parmi lesquels Suez Environnement, qui sera à l’affiche le jour du lancement, ont pris des contacts intéressés avec les promoteurs du projet, selon Pascale Loiseleur, Maire de Senlis.
Lancé par la ville, le Conseil régional de Picardie, le pôle de compétitivité Agro Ressources, et l’association Cleantuesday, le projet est soutenu par l’Etat avec lequel a été signé en juillet dernier un Plan local de redynamisation (PLR), soit une aide de 1,58 million d’euros. Le budget de la première tranche est évalué à 12 millions d’euros.
Des subventions sont en négociation auprès de la région, du département et de l’Union Européenne. Certains bâtiments de la caserne ont été rénovés tout récemment, et des extensions du terrain sont possibles. La caserne Ordener, qui accueillait le 41ème Régiment de Transmissions, dispose d’un grand manège pour les chevaux : un endroit parfait pour établir un centre de conférences. C’est Madame le Maire, résolument optimiste, qui l’affirme.









