Un catamaran pour dépolluer en haute mer
Par Olivier Cognasse - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3214Le nouveau modèle d'Ecoceane peut récupérer des dizaines de mètres cubes d'hydrocarbures par heure.
La marée noire en Louisiane a bien contribué à la notoriété d'Ecoceane. Pour nettoyer les côtes, les Américains se sont résolus à acheter dix Cataglop à la petite entreprise bretonne. Une commande qui l'a même décidé à créer une filiale états-unienne pour fabriquer sur place. Mais l'entreprise va maintenant commercialiser un nouveau bâtiment de dépollution, le Workglop, destiné spécifiquement à la haute mer et à l'activité pétrolière. Hormis la motorisation, qui provient du commerce, tout est breveté par Ecoceane. Le Workglop peut être embarqué sur les plates-formes pétrolières ou sur les tankers. « Il peut dépolluer 80 m3 par heure à une vitesse de 4 noeuds, même par vent de force 6. Il travaille en continu et transfère le pétrole dans le bateau suiveur », précise le patron de l'entreprise, Éric Vial.
DEUX MOTEURS À HÉLICE
Techniquement, il s'agit d'un catamaran équipé d'une turbine, formée d'une hélice dans une tuyère. Le flux ainsi créé aspire l'eau à l'avant du bateau. Le liquide de surface pénètre dans un premier bac, muni d'un panier, qui arrête tous les déchets solides. Là, le flux prend deux directions. Les eaux claires sont évacuées au travers de la turbine, et les eaux polluées entrent dans un séparateur. Les hydrocarbures y sont extraits par gravité, puis stockés sans créer d'émulsion. Les eaux claires restantes rejoignent le premier flux situé en fond de cuve. À la différence du Cataglop, dont la turbine est l'unique moyen de propulsion, le Workglop utilise deux moteurs à hélice qui, seuls, poussent les bateaux en vitesse de croisière. Le bâtiment devrait être commercialisé dès le début de l'année prochaine.











