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Un Areva à deux vitesses

Par Ludovic Dupin - Publié le
Areva - Siège La Défense-Colombes
© D.R.

  Alors qu’Areva prépare un plan d’économie, ce sont les activités de fabrication de combustible et de retraitements de déchets qui sont les plus touchées par l’impact de Fukushima sur l’industrie nucléaire.

Ces deux dernières semaines ont vu spéculations et annonces du côté du fournisseur nucléaire français Areva. Salariés et sous-traitants en sauront plus sur l’étendue du plan de rigueur lorsque le président du directoire, Luc Oursel, présentera en décembre les détails du plan que les cost-killers sont en train de mettre en place.

Mais d’ici là, l’annonce des résultats du troisième trimestre permettent d’y voir plus clair sur la santé du groupe, une santé différente selon les branches. Areva annonce des annulations de commandes de 301 millions d’euros, elles s’élevaient  à 191 millions d’euros en juin dernier. Au final, le carnet de commande affiche un recul de 1 % à  42,7 milliards.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe annonce de bons résultats sur l’activité Réacteurs en Services qui croit de 4 %. Cette division a par exemple bénéficié récemment de la commande de 32 générateurs de vapeurs pour EDF, un contrat de 1,5 milliard d’euros.

En revanche, les divisions Aval sont en réelle difficulté. L’activité Mines-Amont, qui extrait l’uranium et fabrique le combustible, recule de 6 %. L’activité Vala qui gère le retraitement des déchets est en retrait de 15 %. Ces effets s’expliquent par l’arrêt de plusieurs réacteurs en Allemagne et au Japon. Le groupe français a d’ailleurs diminué son activité sur son site de la Hague (Manche) et suspendu son activité de deux usines françaises Comurhex de conversion d'uranium (Malvesi et Tricastin).

A l’étranger, le premier effet est ressenti en Belgique où FBFC, filiale du groupe français Areva fabricante de combustible, a annoncé envisager fermer son usine de Dessel (150 personnes). Une décision d’autant plus évidente alors que la Belgique vient de confirmer la fermeture de ses sept réacteurs nucléaires à partir de 2015, sans prolongation des durées de vie.

Le même type d’annonces devrait survenir en Allemagne où le  groupe français possède trois sites de production de combustible. Le pays a déjà stoppé huit réacteurs et entend sortir définitivement de l’atome d’ici 2022. 

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