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L'Usine de l'Energie

"Un accident nucléaire peut arriver, et les politiques en seront coupables et responsables", alerte le président de l'Anccli

Pierre Monnier ,

Publié le

Entretien La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a annoncé le 26 avril une extension des périmètres de protection autour des centrales nucléaires de 10 à 20 kilomètres. Une déclaration "satisfaisante" mais qui risque de prendre du temps à être appliquée selon Jean-Claude Delalonde, le président de l’Anccli, l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (groupe de citoyens mobilisés autour de la sûreté nucléaire autour des centrales).

Un accident nucléaire peut arriver, et les politiques en seront coupables et responsables, alerte le président de l'Anccli

L'Usine Nouvelle : Qu’est-ce que l'annonce d'une extension des périmètres des plans particuliers d'intervention de 10 à 20 km va changer sur le terrain ?

Jean-Claude Delalonde : Notre question est de savoir ce que l’on doit faire aujourd’hui. Sachant que l’on ne connait aucune modalité ou date d’application de cette mesure d’extension des périmètres des PPI de 10 à 20 km autour des centrales nucléaires, ce n’est pour nous qu’une annonce, faite à un an des élections présidentielles.

D’ailleurs, depuis février 2014, nous attendons toujours la déclinaison du plan national d’urgence en cas d’accident nucléaire ou radiologique majeur. Cette action doit néanmoins être déclenchée par le ministère de l’Intérieur avant d’être appliquée par les préfets. Nous sommes donc satisfait mais nous nous positionnons très en retrait. Il faut savoir si Ségolène Royal l’a fait seule ou en coordination avec le ministère de l’Intérieur, afin qu’elle soit appliquée.

Vous craigniez donc qu'il ne s'agisse que d'une annonce sans suite ?

De ma longue expérience dans le domaine, j’ai croisé de nombreux représentants, dirigeants ou ministres. Je suis contrit de l’attitude des politiques. Depuis l’affaire du sang contaminé, il existe le principe de précaution : on prend une loi, on en fait une circulaire, le décret n’arrive jamais et au final, on n’applique pas cette loi.

Aujourd’hui, un accident nucléaire peut arriver et on ne peut pas savoir quelle en sera la gravité. Les politiques d’hier et d’aujourd’hui seront coupables et responsables de n’avoir rien fait. Je suis très dur, mais le nucléaire n’est pas une petite affaire. Si les effets d’annonce font perdre du temps et qu’un accident a lieu, il faudra que les politiques en charge de ces dossiers soient jugés.

Mais cette annonce peut-elle faire avancer les choses ?

Ségolène Royal, en tant que ministre de l’Environnement, a la responsabilité des questions nucléaires. Mais ce n’est pas elle qui en a la charge. Je pense qu’il est tout à fait possible, au vu de son caractère, qu’elle est voulue enfoncer le clou après le cinquième anniversaire de Fukushima, après le trentième anniversaire de Tchernobyl, dans le contexte de la conférence environnementale et ainsi donner un coup de pied dans la fourmilière pour faire accélérer les choses.

Sur ces questions, nous n’entendons pas les autres ministères en charge : l’Intérieur et la Défense. Même lorsque nous tentons de les contacter, nous n’avons jamais de réponse.

Propos recueillis par Pierre Monnier

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2 commentaires

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02/05/2016 - 14h58 -

Oui ce n'est pas une petite affaire, Tchenobyl c'est 1 millions de "liquidateurs"durant les 5 premières années dont, à ce jour, 100 000 sont morts et 300 000 souffrent de pathologies induites. En France, si nous devions subir un tel malheur, les liquidateurs seraient par contre conscients de l'intense irradiation,et de la quasi-certitude d'un impact morbide sur leur propre santé. Va t-on encore devoir sacrifier des militaires car personne d'autre n'acceptera d'y aller ? Je pense que les premiers liquidateurs devraient être les chantres et les soutiens du nucléaire qui pourraient ainsi être cohérents avec leurs convictions et ne pas envoyer les autres au casse pipe tout en restant bien à l'abri.
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Nom profil

02/05/2016 - 10h49 -

Et si derrière toutes ses déclarations le Président de l'ANCLI ne souhaitait que régler ses comptes avec les politiques, lui qui a perdu tous ses mandats?
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