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Ultimatum pour Chrysler et GM, décapité par Obama

Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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L'administration américaine met les points sur les « i » avec General Motors et Chrysler. Pas convaincue par leurs plans de redressement, elle donne 60 jours au premier pour revoir sa copie, et fait du rapprochement avec Fiat une condition sine qua non de

GM n'a pas réussi à obtenir les concessions requises de la part des détenteurs d'obligations pour restructurer sa dette, et son plan est jugé insuffisant par l'équipe mise en place par le gouvernement. S'il ne présente pas un plan de restructuration plus agressif d'ici à 60 jours, c'en sera fini de l'aide de 16,6 milliards de dollars réclamée par le constructeur. Chrysler de son côté, dispose d'un délai de 30 jours pour boucler son alliance avec Fiat ou bien il faudra oublier les 5 milliards demandés. La task force considère en effet que le troisième constructeur américain n'est pas en mesure de poursuivre ses activités sans rapprochement. Elle n'est toutefois pas prête à voir son patient passer sous la bannière italienne. Au cas où Fiat voudrait monter à plus de 50% du capital, elle obligerait Chrysler à rembourser les prêts consentis jusque là.

La task force intraitable

En cas d'échec, les deux entreprises se dirigent vers le dépôt de bilan. La procédure utilisée serait vraisemblablement un aménagement du Chapitre 11, ouvrant la voie à une procédure accélérée. 

En attendant de présenter leurs nouveaux business plans, GM et Chrysler seront soutenus financièrement pour assurer leurs dépenses de fonctionnement. Mais ils n'obtiendront pas un dollar de prêt supplémentaire. L'administration a également accepté de prendre à sa charge les garanties constructeurs des deux entreprises en cas de faillite, afin de ne pas faire fuir les clients. Autre mesure prise par la task force : la nomination d'un « directeur de la relance automobile », qui chapeautera l'aide aux travailleurs licenciés dans le cadre des restructurations.

La fin de l'ère Wagoner

C'est un nouveau seuil qui vient d'être franchi pour GM et Chrysler, qui signifie de nouveaux sacrifices en termes d'emplois et des concessions supplémentaires de la part des actionnaires et des créanciers. Des mesures drastiques qui touchent aussi le management, puisque Rick Wagoner, le PDG de GM, a été poussé vers la sortie. L'administration Obama a jugé que le patron du groupe n'était pas l'homme de la situation. C'est le directeur des opérations, Fritz Henderson, 50 ans, qui lui succédera à la direction générale, tandis que Kent Kresa, ancien PDG de Northrop Grumman, prend la présidence par intérim. Des changements devraient également intervenir dans le conseil d'administration.

Pas rancunier, Wagoner se félicite dans une déclaration officielle de « l'excellent choix » de Fritz Henderson pour lui succéder.

Wagoner, 56 ans, est resté huit ans à la tête de GM, qu'il a rejoint en 1977. Huit années durant lesquelles le premier constructeur américain a perdu son titre de numéro un mondial, licencié 25.000 personnes (sans compter les 47.000 suppressions de postes prévues par le plan de restructuration actuel), a perdu plus de 95% de sa valeur en Bourse, et enregistré des pertes records (82 milliards sur les quatre dernières années). Après avoir défrayé la chronique pour s'être rendu aux auditions du gouvernement en jet privé alors qu'il réclamait 18 milliards de dollars d'aides publiques, le patron emblématique avait accepté de réduire son train de vie en travaillant pour un dollar symbolique en 2009. C'est le deuxième PDG dont l'administration américaine réclame la tête depuis le début de la crise, après le patron de l'assureur AIG.

On retiendra de Rick Wagoner ses erreurs en matière de stratégie produit, qui l'ont conduit à centrer sa gamme sur les véhicules lourds et les pickups, et à ignorer les hybrides pour privilégier la recherche sur la technologie de l'hydrogène. A la clé, un recul des parts de marché sur le sol américain (-11 points en 15 ans). En contrepartie, GM a remporté des succès à l'étranger, devenant numéro un sur le marché chinois.

Pour General Motors, c'est une page qui se tourne. L'autre grande figure de GM, le vice-président Bob Lutz, a annoncé en février dernier qu'il partirait à la retraite à la fin de l'année.

Raphaële Karayan

Dossier : Automobile, le crash

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