Twitter établit à son tour son siège européen à Dublin
Par Christophe Dutheil - Publié le
Dans le sillage de Dell, Facebook, Google, Intel ou LinkedIn... Twitter s'apprête à installer son siège européen à Dublin. Malgré les difficultés économiques du pays, la capitale irlandaise reste attractive pour les entreprises d'un point de vue fiscal.
"L'Irlande est dans les 'trending topics", vient de lancer, non sans humour, IDA Ireland ("Industrial Development Agency Ireland") sur son fil Twitter. Le message ou "tweet" a été particulièrement bien relayé sur la plate-forme américaine de micro-blogging Twitter, qui permet de publier très rapidement de petits messages de moins de 140 caractères.
Et ce n'est pas un hasard : il nous apprend que si l'Irlande est l'un des sujets les plus commentés aujourd'hui, c'est parce que Twitter a décidé d'y établir ce mois-ci son siège international.
Pour le plus grand bonheur de cette agence gouvernementale chargée de promouvoir l'Irlande auprès des investisseurs internationaux. L'arrivée de Twitter à Dublin s'ajoute, selon elle, à un "cluster de médias numériques déjà très dynamique". On peut citer, entre autres, Google et Facebook, qui emploient respectivement dans le pays 1.500 et 300 collaborateurs, selon IDA Ireland.
Peu de fiscalité
L'optimisme d'IDA est partagé par le ministre irlandais de l'Emploi Richard Bruton, qui s'est félicité aujourd'hui sur la télévision irlandaise RTE "d'un énorme succès pour le pays", même s'il reconnaît n'avoir pour l'heure aucune idée du nombre d'emplois susceptible d'être créés localement par Twitter. Pour lui, l'installation du site américain montre une fois encore que l'Irlande, "bénéficie, malgré ses difficultés actuelles, de réelles forces". Des forces qui résident en grande partie dans la compétitivité de son impôt sur les sociétés et la "flexibilité" de son marché de l'emploi.
Ce qui ne manquera pas de faire grincer quelques dents dans l'Union, où l'Irlande est régulièrement accusée de pratiquer le "dumping fiscal" au détriment de ses voisins. Le taux irlandais d'impôt sur les sociétés - âprement défendu par son gouvernement - se situe à 12,5%, contre 28% au Royaume-Uni, 33% en France, ou de 30 à 33% en Allemagne.
De quoi faire de l'île verte un terrain de jeu très attractif pour les groupes internationaux souhaitant adresser le marché européen en bénéficiant de taux d'imposition très souples. Twitter est un exemple. Il y en a bien d'autres. Bioware, studio de développement du leader mondial des jeux vidéos Electronic Arts, s'apprête aussi, par exemple, à créer un nouveau centre de support à Galway, sur la côte ouest de l'Irlande.
Et alors qu'il sabre dans ses effectifs en France, le laboratoire américain Pfizer vient d'annoncer son intention d'investir 200 millions de dollars dans l'une de ses usines irlandaises, installée à Dublin. Suscitant "la consternation" chez ses salariés français...

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