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[Trophées des usines] Bosch Mondeville, usine de l'année 2017

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Le site de Bosch remporte le trophée des usines pour son positionnement stratégique, l’efficacité de son système de production et ses méthodes d’implication des équipes.

[Trophées des usines] Bosch Mondeville, usine de l'année 2017
Le site de Mondeville s’est diversifié dans la sous-traitance de cartes électroniques.

 

 

Il suffit de franchir le seuil de l’usine de Bosch à Mondeville (Calvados) pour se convaincre de la mue spectaculaire opérée par le site. À l’intérieur, un showroom moderne accueille les arrivants. Au milieu, une rangée de nouveaux produits, avec deux objets emblématiques : les enceintes Phantom de Devialet et la base station pour le réseau européen de l’opérateur Sigfox, spécialiste de l’internet des objets. Des produits aux antipodes des pièces automobiles qui ont fait la réputation de Mondeville, depuis son passage sous bannière Bosch, en 1991.

Des commandes de toit ouvrant et des calculateurs d’injection diesel aux ­composants pour l’électronique grand public, le site a opéré un repositionnement radical entamé au début des années 2010. À l’époque, l’usine est confrontée en interne à la concurrence accrue des pays à bas coût. Effectif et volumes connaissent une érosion régulière. Aux portes de Caen, la situation finit par devenir « préoccupante », se souviennent les représentants syndicaux. En arrivera-t-on à évoquer une fermeture ? Impensable pour la direction et les 610 salariés. Pour redresser le site, management et représentants du personnel se regroupent au sein d’une initiative inédite : un groupe de réflexion industriel. Qui tente de trouver une issue à coups de réunions régulières et d’interventions de spécialistes. Cette nouvelle forme de dialogue social porte ses fruits. En s’appuyant sur son savoir-faire en électronique, Mondeville décide de s’ouvrir à la sous-traitance pour des marchés grand public comme la santé, la maison intelligente et la mobilité. La décision prise séduit la maison mère. En 2015, celle-ci s’engage à investir 11 millions d’euros en Normandie dans le cadre d’un accord de performance. En échange, un plan de départs à la retraite anticipés fera passer l’effectif sous la barre des 600 salariés. Le prix pour enclencher la révolution.

De l’autonomie et de très bonnes performances

En s’ouvrant à la sous-traitance électronique, l’usine change de dimension. « Avec ce repositionnement, nous avons franchi une étape en devenant un site de production capable de ­prospecter et de vendre en totale autonomie », analyse le ­directeur, Frédéric Boumaza. Mondeville s’est doté de sa propre force commerciale en recrutant cinq profils externes, afin de proposer une offre sur mesure à ses nouveaux clients. « Nous pouvons développer un produit et l’industrialiser, ou le sous-traiter si le client dispose d’un produit fini », détaille Pierre Bagnon, le directeur de l’activité EMS (sous-traitance électronique).

Côté production, le site de Mondeville a déjà intégré depuis plusieurs années les principes du lean manufacturing via le Bosch Production System. De quoi lui permettre d’afficher de très bonnes performances, avec un taux de rendement synthétique de 77,9 % dès 2012. Sur le plan de la logistique, le site est même une référence au niveau du groupe en matière de gestion des coûts. Des résultats que l’usine a souhaité pousser un cran plus loin en se lançant dans l’une des priorités fixées par le groupe Bosch, l’amélioration des lignes de production avec les outils de l’industrie 4.0.

« Nous travaillons sur des produits d’avenir. Il était assez logique de se doter de nouvelles méthodes d’industriali­sation », justifie Frédéric Boumaza. Le site fait figure de pilote. Sur les lignes consacrées à la production de pièces pour l’automobile, un robot assistant collaboratif, développé en Allemagne, a par exemple fait son apparition afin de ­soulager les opérateurs sur des activités répétitives consistant à ­positionner des pièces sur les petits moteurs à destination du poste suivant. Ailleurs, des capteurs fixés aux poignets des opérateurs permettent de les guider dans l’ordre de prise des pièces lors du montage, limitant les erreurs d’assemblage.

Mais pas question d’en rester là. Dans le bâtiment consacré aux nouveaux marchés, les opérateurs présents sur les sept lignes de fabrication ont à leur disposition, depuis 2012, des terminaux mobiles équipés d’une interface made in Mondeville. Baptisée Pocket PC, la solution est destinée au pilotage des opérations de maintenance en temps réel. Le système permet d’effectuer des déclarations de production et génère des alertes en cas d’arrêt des lignes. Avec des gains substantiels : grâce à ce système, l’usine a observé une réduction des écarts de stock de 10 % et une amélioration des produits bons du premier coup de 20 %.

Des bénéfices que Mondeville souhaite accroître en continuant de développer ses propres outils… au sein d’un incubateur interne centré sur l’usine du futur. À l’intérieur, une dizaine de « geeks » ingénieurs et techniciens, comme les surnomme affectueusement Frédéric Boumaza, travaillent main dans la main avec les équipes de production. « Cet incubateur permet d’apporter des compétences dont nous n’étions pas dotés initialement, avec des profils qui portent un regard différent sur l’industrie. Cela permet de développer des solutions innovantes pour répondre aux besoins que les équipes leur décrivent », se félicite Frédéric Boumaza.

Entre 2012 et 2016, l’usine a enregistré une progression de six points de son taux de rendement synthétique. Le taux de livraison dans les délais frôle les 100 %. En 2015, il était de 97,2 %, il devrait passer à 98 % en 2017, si l’on en croit les objectifs fixés par l’entreprise. Une performance ­reconnue à l’échelle du groupe. L’usine a été classée championne de la division Electrical Drives (chargée des ­composants ­mécatroniques) en 2017 au regard de ses ­résultats en termes de productivité, de qualité et de ressources humaines. En 2015, Mondeville a affiché un taux d’absentéisme de 4,20 %. La moyenne d’âge est de 47 ans, 90 % des employés ayant plus de vingt ans d’ancienneté.

Quant à la nouvelle activité du site Bosch, elle connaît une forte progression. En 2017, l’usine a l’intention de capter près de 4 % de parts de marché en France, et plus de 5 % l’année suivante, tandis que le nombre d’employés mobilisés par la production des produits à destination des nouveaux marchés devrait passer de 4 personnes en 2015 à 113 en 2017. Bosch Mondeville mise notamment gros sur sa start-up incubée spécialisée dans l’impression 3D. L’usine réfléchit actuellement, avec des professionnels de santé, à des plâtres imprimés en 3D. La réinvention de l’usine de Mondeville n’est pas terminée. 

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