Trois questions à Virginie Guérin (ANIA) : « Nous espérons ne pas être le secteur oublié des Etats généraux de l’industrie »
Par Barbara Leblanc - Publié le
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a lancé jeudi 15 octobre les Etats généraux de l'Industrie, destinés à définir une nouvelle politique industrielle en France. L'occasion de savoir ce qu'en attend le secteur de l'agroalimentaire, représenté par Virginie Guérin, chef de projet compétitivité, économie et recherche à l'Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA).
Qu’attendez-vous des Etats généraux de l’industrie ?
V.G : Notre espoir est que le secteur de l’agroalimentaire ne soit pas oublié. Certes, nous avons été conviés à la réunion de préparation des Etats généraux, ainsi que ce matin à leur lancement. Reste que, dans son discours, le ministre a évoqué l’aéronautique, l’automobile, la mécanique, mais n’a pas eu un mot pour l’agroalimentaire. Il est certain que ce secteur est sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, mais nous travaillons régulièrement avec d’autres ministères, comme celui justement de l’Industrie ou de laSanté.
Quant aux mesures, nous espérons enrichir les Etats généraux avec le travail issu des Assises régionales de l’agroalimentaire, qui se sont tenues en début d’année. Nous y avons discuté avec les PME des grandes priorités du secteur, comme de la création d’un grand conseil interministériel de l’agroalimentaire.
Enfin, nous souhaiterions avoir une place au sein du comité national des Etats généraux de l’industrie, car les orientations données à ce comité et ses futures actions concrètes peuvent être très bénéfiques pour les industries agroalimentaires.
Que pensez-vous des premières propositions annoncées ce matin ?
V.G : Elles m’ont paru intéressantes. Le crédit d’impôt innovation surtout. L’agroalimentaire est l’un des secteurs les portés sur l’innovation, dans tous les domaines (machine, produit, emballage). Les PME du secteur peuvent déjà bénéficier du crédit d’impôt recherche, mais les recherches n’aboutissent pas toujours au dépôt de brevets. Une mesure spécialement destinée à l’innovation serait un plus.
Une autre proposition a retenu mon attention : les projets « inter pôle ». Ils permettraient de motiver les pôles de compétitivité à travailler ensemble par bonification d’aides pour des projets qui associent les pôles d’un même secteur. Or, justement, l’agroalimentaire est composé de multiples pôles d’activité.
Enfin, les prêts verts bonifiés, destinés à favoriser l’investissement dans des processus industriels et des outils de production plus respectueux de l’environnement, sont un bon système pour motiver les entreprises à aller vers des économies d’énergie plus importantes.
Quels seront d’après vous les débouchés des Etats généraux sur l’industrie ?
V.G : Ce matin, Christian Estrosi a expliqué que les Etats généraux pourraient profiter à la mise en place du grand emprunt. En effet, leurs conclusions pourraient permettre au président de la République de choisir les projets les plus prometteurs pour en bénéficier. Il a cité les secteurs de la fibre optique ou le cloud computing. Mais j’espère qu’il y en aura bien d’autres.
Plus globalement, je pense que c’est une bonne initiative, car notre pays a besoin d’une nouvelle politique industrielle en terme d’attractivité et indirectement en terme d’employabilité. Si de grandes mesures sont prises, cela permettra aux PME d’être plus compétitives, comme en Allemagne. La France aurait alors de grands leaders nationaux et des entreprises championnes dans plusieurs secteurs.
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