Cogema, Eurodif, Comurhex, FBFC : autant d'usines s'attèlent sur le site de Tricastin à transformer et traiter l'uranium. Des activités dont la sécurité laisse parfois à désirer, selon Bruno Chareyron, Ingénieur en physique nucléaire de la Criirad.
« Le terrain basé à Tricastin est gigantesque, il s'étale sur 600 hectares », pose Bruno Chareyron. « L'ancienne Cogema devenue Areva produit de l'uranium faiblement à hautement enrichi à des fins militaires, tandis que FBFC produit du combustible pour des centrales nucléaires civiles. Socatri, quant à elle, a plutôt pour mission de nettoyer et décontaminer le matériel, les cuves et pompes, et de récupérer les résidus radioactifs ».
Naturel, mon uranium ? « Dans la terre, sous votre jardin, l'uranium existe sous deux formes principales. L'U238 qui représente 99,27% de la masse existant dans la nature, et l'U235, dit « fissile », qui représente 0,72% en masse », explique Bruno Chareyron . L'uranium fissile est utilisé pour fabriquer du combustible nucléaire ou des bombes atomiques, parce que capable de dégager de l'énergie sous l'effet des neutrons.
Au niveau d'une mine d'uranium, les concentrations sont beaucoup plus fortes que dans un quelconque jardin : respectivement, 20 000 becquerels d'uranium par kg de terre contre 40 seulement. "L'uranium qui est remonté d'une mine sous forme de minerais est encore accompagné de descendants radioactifs comme le polonium, le radium. Le premier processus industriel de transformation consiste à le séparer des autres éléments chimiques pour en extraire une pâte d'uranium pur, le «yellow cake» ".
Abus de langage. Le yellow cake est ainsi un concentré d'uranium « naturel » dans ce sens que la proportion entre les deux isotopes U235 et U238 respecte le ratio que l'on observe dans la nature. Mais la concentration en uranium 238 est de l'ordre de 10 millions de becquerels par kilogramme. « En fait, il s'agit bien, déjà, d'un uranium industriel, parce qu'il est beaucoup plus concentré que l'uranium existant dans la nature. Areva joue sur cet abus de langage », explique Bruno Chareyron. « Or tous les isotopes de l'uranium sont radioactifs et présentent des risques pour la santé ».
Ensuite, la pâte d'uranium (yellow cake) est transformée par l'usine de Comurhex en tetrafluorure d'uranium (UF4), une poudre. Puis l'usine Comurhex convertit la poudre (UF4) en gaz : de l'hexaflorure d'uranium (UF6), forme sous laquelle l'uranium est enrichi à l'usine Eurodif (voir plan ci-dessous). « C'est lors du processus d'enrichissement que le ratio entre les isotopes U235 et U238 est modifié. Si l'U235 est présent à la hauteur de 3%, ce n'est pas de l'uranium « naturel ». S'il est présent à 0,6% au lieu de 0,72%, c'est que l'uranium a été appauvri, et c'est aussi le résultat d'un processus industriel. »

Vue aérienne du tumulus avec Google Earth
Ana Lutzky
Lire aussi :
Le directeur de Socatri limogé, le 18/07/2008
Tricastin : chronologie de l'accident, le 17/07/2008


Les partenaires de Google en Chine exigent des clarifications
17/03/2010 - 07H49,
Bourbon affiche des résultats 2009 en baisse
17/03/2010 - 07H30,
Hausse de plus de 2% des cours pétroliers à New York
16/03/2010 - 20H04,
Metro divise Cash and Carry en deux entités
16/03/2010 - 19H36,
Google voit les tarifs pubs sur mobile dépasser ceux du web
16/03/2010 - 19H32,
La Fed maintient ses taux inchangés à près de zéro pour cent
16/03/2010 - 19H28,
Quelle forme peut prendre une alliance Renault-Daimler ?
16/03/2010 - 18H44,
500 stations-service Total fermeraient d'ici 2 ans en France
16/03/2010 - 16H57,
Plus d'un investisseur sur 5 parierait sur un défaut d'Athènes
16/03/2010 - 16H31,
Signature d'un protocole d'accord pour l'achat d'Heuliez
16/03/2010 - 14H58,