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L'Usine de l'Energie

[Tribune] Les plantes pourraient sevrer du pétrole l'industrie si seulement...

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Tribune Pour Pierre Monsan, directeur fondateur de Toulouse White Biotechnology, les solutions végétales industrielles pour s’affranchir du pétrole existent déjà. Mais pour s’imposer et permettre, enfin, de sevrer l’industrie au pétrole, il faut une volonté politique forte et des moyens. Nicolas Hulot, avec son plan Climat, ouvre la voie.

[Tribune] Les plantes pourraient sevrer du pétrole l'industrie si seulement...
Film bioplastique.
© D.R.

SLa France demeure aujourd’hui un pays encore trop fortement dépendant du pétrole. Utilisé en abondance par les industriels dans nos produits au quotidien, le pétrole est pourtant la source de plusieurs maux actuels (dépendance économique, impact environnemental) et à venir (pénurie annoncée). Toutefois, face à cette énergie fossile, limitée et polluante, des solutions alternatives et durables existent : ce sont les plantes. De l’or noir à l’or vert, il n’y a qu’un pas! Encore faut-il que les politiques gouvernementales encouragent cette voie durable de production d’énergie utilisant les plantes, en lançant un plan d'investissement industriel fort.

Chaque seconde, les Français consomment 3 634 litres de pétrole, soit une consommation pétrolière de 1,975 millions de barils par jour… Si la société prend conscience de l’importance d’arrêter cette dépendance, elle n’est pas prête à en payer le prix fort. Car aujourd’hui, le faible coût du pétrole rend cette ressource bien plus compétitive que le recours à des produits bio-sourcés dont la production à grande échelle exigerait une refonte totale des outils de production industriels.

Des alternatives végétales industrielles existent

Si aujourd’hui, remplacer intégralement le pétrole par le végétal reste un défi de taille pour les chimistes et pour l’industrie, il n’en demeure pas moins qu’un bout de chemin a déjà été réalisé : des solutions issues du végétal sont déjà proposées par des industriels dans de nombreux secteurs comme dans la cosmétique, l’automobile, l’aéronautique, l’emballage, la plasturgie, la construction ou encore les peintures.

C’est ainsi que certaines molécules dites "molécules plateformes" sont aujourd’hui produites à grande échelle à partir de matières végétales, des sucres essentiellement, pour ensuite servir à fabriquer des produits de notre quotidien : fibres textiles pour les vêtements de sport, plastiques à haute performance pour l’automobile, peintures, biocarburants et bien d’autres encore.

Plusieurs sociétés, aussi bien des start-up comme Global Bioénergies en région parisienne que des grands groupes agroindustriels comme Roquette dans le Nord de la France ont développé ces dernières années les procédés permettant de transformer du végétal en produits utilisés par ces secteurs industriels. De nombreuses autres initiatives existent, en France comme à l’étranger, pour continuer à développer de nouveaux produits bio-sourcés.

Les conditions d’un improbable sevrage

Ces initiatives restent encore toutefois trop rares et le pétrole demeure une "drogue dure" pour l’industrie française, toutes les usines s’étant développées autour de cette énergie fossile. Il faut donc complètement repenser et modifier les sites de production, ce qui exige des investissements colossaux. Alors même que les réglementations sont de plus en plus restrictives, l’Etat Français jusqu’ici n’a pas véritablement aidé les industriels à prendre ce virage.

Il y a un réel savoir-faire industriel en France. Ce qui manque, ce sont des moyens financiers importants avec des politiques gouvernementales qui jusqu’ici n’étaient pas assez fortes. Le programme de réindustrialisation de la France doit nécessairement prendre en compte ces investissements à long terme, pour l’avènement d’une bioéconomie sans pétro-dépendance. 

Pierre Monsan, directeur fondateur de Toulouse White Biotechnology

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1 commentaire

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14/07/2017 - 10h57 -

Tout à fait d'accord avec cette analyse concernant le pétrole ,qui pourrait aussi convenir au nucléaire ! Lorsqu'on connait les coûts nécessaires à sa mise en conformité,les coûts de construction et déconstruction,les coûts de notre dépendance, des traitements et de l'enfouissement des déchets. On croit rêver, lorsqu'on compare toutes ces dépenses avec ce que pourrait coûter le stockage des renouvelables ? 60 milliards/an, c'est environ ce que nous coûte notre dépendance pétrolière et gazière. Trente ans de ce régime explique en partie notre dette ? Heureusement que nous sommes gouvernés par des énarques ! Parce que sinon nous serions sans doute retourné à l'esclavage ?
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