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L'Usine Aéro

[Tribune] Bienvenue dans l’ère des drones industriels !

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Tribune A l’heure du digital, les phénomènes de rupture économique s'accélèrent.  Uber né en 2009 affiche aujourd’hui une capitalisation boursière proche de celles de PSA et de General Motors réunies. Et le secteur des drones promet lui aussi d’exploser dans l’industrie, assurent Philippe Plouvier et Mondir Rachidi, du cabinet de conseil Boston Consulting Group.

[Tribune] Bienvenue dans l’ère des drones industriels !

Favorisée par la chute des prix du matériel et les avancées technologiques, les petits aéronefs sans pilote et commandés à distance sont en train de revisiter les processus industriels. Encore silencieuse, cette vague de fond pourrait bien créer des perspectives inédites pour les entreprises. Selon nos estimations, ce marché devrait en effet décoller entre aujourd'hui et 2035 pour atteindre 50 milliards de dollars en 2050.

Encore mal connues, des applications de plus en plus sophistiquées se déploient à un rythme soutenu, générant de significatifs gains de productivité et une nouvelle approche opérationnelle. Les opérateurs et les constructeurs de drones industriels se structurent autour de start-ups innovantes. Cet écosystème explore les potentialités des drones et promet, demain, des ruptures technologiques capables de développer des services à haute valeur ajoutée, de créer des opportunités et de changer les modèles économiques. Associés aux outils digitaux, ils pourraient devenir très vite un nouveau levier de la révolution industrielle.

Une multiplication des usages

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Les drones ont déjà prouvé leur efficacité opérationnelle, leur capacité à alléger les processus et à améliorer la productivité. Dans le secteur de l'énergie, ils sécurisent les interventions en remplaçant les agents de maintenance dans des environnements dangereux lors des contrôles au sommet des plateformes pétrolières ou dans les générateurs des centrales électriques. La surveillance des lignes électriques par des drones permet d'établir des cartographies 3D et d'anticiper des opérations d'élagage d'arbres. Eiffage les utilise pour l'inspection du Viaduc de Millau, la SNCF pour son réseau ferré.

Bardés de capteurs et de caméras, capables de transmettre leurs informations en temps réel, ces petits engins volants sans pilote embarqué calculent des stocks de minerai de fer et de charbon, établissent des relevés topographiques en 3D et récupèrent de nombreuses données utiles à la maintenance prédictive, à la gestion d'un chantier, à l'agriculture...

L'explosion des services

C'est sur ce terrain des services liés aux data et à leur analyse que la création de valeur sera la plus forte. Le marché des services atteindra en effet 35 milliards de dollars en 2050 soit 70% du marché. Les constructeurs et les opérateurs de drones travaillent avec des start-ups pour développer auprès des entreprises de véritables solutions technologiques autour de la récupération et de l'analyse des données. Des industriels font le choix d'investir dans des parcs de drones et d'internaliser l'exploitation. Le groupe Airbus vient ainsi d'annoncer la création d'une société "Airbus Aerial" dédiée aux services par des drones.

Aujourd'hui, les drones font émerger un nouveau secteur économique et de nouvelles applications opérationnelles. Cela n'en fait pas pour autant une nouvelle révolution industrielle. Mais demain - avec l'arrivée des drones capables de voler à une distance hors de la vue du pilote d'ici cinq ans et celle des drones autonomes et automatisés d'ici 25 ans - ces plateformes aériennes interconnectées aux systèmes digitaux des entreprises feront naître de nouveaux modèles économiques.

Des freins technologiques et réglementaires

Ainsi, l'utilisation des drones, associée aux technologies de l'Internet des objets, fera entrer l'industrie minière dans l'ère du 4.0. Les assureurs en intégrant une flotte de drones dans les opérations de dédommagement pourront réduire fortement leurs coûts, améliorer la qualité de leur service et enrichir leur base de données de souscription. Les drones deviendront les outils d'aide à la décision de l'agriculture de précision.

En se développant, le marché créera de nouveaux postes d’opérateurs et des opportunités pour de nombreux secteurs. Le secteur des télécommunications devra quant à lui investir dans ses infrastructures et la puissance de ses antennes. Les acteurs du Cloud et des nouvelles technologies fourniront des plateformes et des outils de collecte et d'analyse des data.

Il s'agit d'un moment clé pour les entreprises. Les drones commencent à peine à dévoiler leur potentiel. Il reste encore des freins technologiques et réglementaires à lever mais nous aurions tort de les sous-estimer dans une économie en pleine mutation. La question de l'intégration des drones dans toute stratégie doit aujourd'hui être posée.

Philippe Plouvier, directeur associé, spécialiste aéronautique et défense au Boston Consulting Group.

Moundir Rachidi, directeur, responsable des Opérations pour la France au Boston Consulting Group.

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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1 commentaire

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12/08/2017 - 10h21 -

Précision supplémentaire : les drones, même de petits engins à moins de 200 €, sont depuis longtemps capables de voler hors la vue du pilote ; seule la règlementation limite leur usage. Les machines aptes à voler sans intervention du pilote, sur trajectoire prédéfinie et contrôlée au GPS, existent également depuis bien longtemps, avec des interfaces simplissimes sur smartphone et carte google map. Ici encore, seule la règlementation interdit ce genre d'utilisation même à basse altitude, ces gadgets étant dépourvus de transpondeur et TCAS (alors même que leur faible altitude d'évolution rend l'utilisation de ces systèmes d'évitement de conflit de trafic largement inefficace, comme pour ce qui concerne les ULM et la plupart des avions légers dans les basses couches). Bref, on reste au bon vieux principe de "voir et éviter", à pratiquer par tous.
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