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L'Usine de l'Energie

[TRIBUNE] Baisse des prix et fin des TRV : La nécessaire transformation des services en efficacité énergétique

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Publié le

Asya Podvina est consultante énergie chez Colombus Consulting. En raison des changements profonds qui affectent les marchés de l’énergie en Europe, elle juge que les services en efficacité énergétique doivent se transformer en de vrais services de performance énergétique.

[TRIBUNE] Baisse des prix et fin des TRV : La nécessaire transformation des services en efficacité énergétique © Colombus Consulting

Fin 2015, la Banque Mondiale a publié des prévisions révisées concernant les prix de l’énergie pour la période 2015-2016. Selon ses estimations revues à la baisse, les prix des énergies fossiles devraient, en 2015, être en moyenne 43% inférieurs à leur cours de 2014. Dans ce contexte de faible valeur des coûts énergétiques, le recours aux Services en Efficacité Energétique (SEE), initialement apparus sur le marché afin de proposer des réductions de coûts, semblent directement remis en cause. Pour survivre dans ce contexte, les fournisseurs de SEE devront s’appuyer sur des valeurs alternatives dictées par les tendances du marché : complexification réglementaire, Big Data ou encore enjeu croissant du développement durable.    

La remise en cause d’un modèle : le marché des SEE menacé par la baisse des prix

Le marché des SEE repose classiquement sur trois piliers de valeurs : la conformité règlementaire, la réduction de l’empreinte écologique et la réduction du coût de la facture énergétique. Ce dernier est le pilier central de la proposition de valeur des SEE sur lequel s’appuient les piliers complémentaires susmentionnés.

Face à la tendance baissière du prix de l’énergie au niveau mondial, l’attractivité des offres en efficacité énergétique apparait menacée. En France en particulier, la fin des Tarifs Réglementaires de Vente (TRV) risque d’impacter à la baisse le cours du prix de l’électricité via deux phénomènes : tout d’abord par l’instauration d’une relation directe entre prix des énergies fossiles et prix de l’électricité et ensuite, par l’arrivée de nouveaux fournisseurs d’énergie sur le marché qui pourraient adopter une stratégie classique de « price dumping » afin de s’intégrer sur ce nouveau marché. Ce positionnement sur des prix bas assurerait la poursuite de la tendance baissière des prix de l’énergie au moins pour l’année 2016.

Alors que la tendance baissière soutenue du prix de l’énergie fossile semble remettre en cause le pilier central de la proposition de valeur des SEE, les acteurs du marché s’efforcent de revoir la valeur de leur offre, afin de réagir à cette tendance.

Les offres émergentes marquent la transformation de l’ « efficacité » en « performance » énergétique

Face à un modèle qui semble s’essouffler, les leaders du marché cherchent de nouvelles offres dégageant une meilleure marge que les audits énergétiques.

Le principal levier sur lequel les fournisseurs de SEE s’appuient déjà est le cadre réglementaire, de plus en plus renforcé par l’appareil gouvernemental. Portée par la loi DDADUE, qui a imposé aux entreprises françaises de réaliser un audit énergétique avant décembre 2015, l’offre clé proposée par les acteurs pour l’année 2015 a été l’accompagnement des entreprises pour la certification ISO 50001. Celle-ci permet à l’entreprise d’améliorer sa performance énergétique et d’être en conformité avec la réglementation en vigueur.

Le contexte réglementaire a également été marqué par la fin des TRV sur le marché français de l’électricité, offrant ainsi la possibilité aux acteurs du marché de développer leur offre "conseil en approvisionnement" afin d’accompagner les entreprises dans le choix de leur fournisseur. Cette orientation a notamment été prise par Schneider Electric dont le rachat de Summit Energy en 2011 lui a permis de développer son offre sur les aspects de conseil en approvisionnement et en développement durable (gestion efficiente des ressources et des émissions polluantes de l’entreprise).

Actuellement, le développement durable apparait comme une valeur de plus en plus plébiscitée à la fois par les consommateurs français, mais aussi par la communauté internationale, pour laquelle le développement durable fait partie des éléments de langage clés qui ont été discutés lors de la conférence COP21.

Si le texte final a donné son lot de surprises sans réellement acter la création d’un organisme doté de pouvoirs contraignants au niveau international, il pourrait cependant encourager la création une matrice applicable aux cadres nationaux dans un avenir proche. Cette matrice pourrait se retranscrire par l’établissement de pénalités pour les entreprises, ainsi que par la délivrance de certificats de réduction des émissions analogiques aux Certificats d’Economie d’Energie (CEE), afin d’inciter les entreprises à réduire leur empreinte écologique. Ces actions pourraient être renforcées par la création d’un mécanisme de contrôle au niveau national chargé de surveiller que les entreprises respectent les objectifs d’émission annuelle. Dans ce contexte les fournisseurs de SEE semblent être concernés directement par cette tendance leur permettant de diversifier leur offre dans le futur, par exemple vers le conseil en gestion des quotas, pour les entreprises émettrices, ou en gestion de leurs émissions des gaz polluants.   

De plus, les fournisseurs de SEE semblent de plus en plus s’appuyer sur les débouchés permis par les récentes ruptures technologiques. L’accent est ainsi mis sur les solutions innovantes de gestion de Big Data, les objets connectés et les réflexions globales des usages permise par la collecte globale des habitudes des utilisateurs. Le développement de ceux-ci permettrait de centraliser la gestion de toutes les ressources de l’entreprise. Pour illustrer cette nouvelle tendance, Cofely, le leadeur du marché des SEE a déjà opéré une alliance avec Sigfox (spécialisé dans les objets connectés) afin de renforcer son offre bâtiments. Dalkia se rapprochant quant à elle de la start-up Intent Technologies (spécialisée dans les systèmes d’exploitation pour bâtiments) via l’organisation d’un "hackaton" autour du bâtiment connecté en Novembre 2015.

Il semble donc que les acteurs du marché ne se troublent pas suite aux nouvelles tendances de baisse des prix et s’y adaptent en proposant de nouveaux services s’appuyant sur les valeurs émergeantes sur le marché. Cet enrichissement de l’offre marque définitivement la transformation des services en efficacité énergétique vers des services en performance énergétique, proposant désormais à leurs clients de s’intéresser aux enjeux du renforcement des réglementations environnementales, de la réduction de l’empreinte écologique et du développement durable.

Asya Podvina, Consultante Energie chez Colombus

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