TRÈS FORTE CORRECTION
Par DANIEL KRAJKA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3264Les marchés des métaux de base sont au bord du précipice », affirme Gayle Berry en ouverture du dernier « Metal Magnifier », publié par Barclays Capital. Au plus bas depuis un mois, la cotation settlement de la tonne de cuivre a perdu près de 1 000 dollars, quand l'aluminium tombait sous les 2 000 dollars pour la première fois depuis 15 mois.
Conséquence, l'indice composite des non-ferreux, le LMEX, se rapproche du seuil symbolique des 3 000, côtoyé pour la dernière fois mi-2010. L'analyste écarte toutefois l'hypothèse d'une chute brutale de la demande et des prix similaires à celle de 2008-2009. Les producteurs de métaux ont en effet réagi au cycle baissier alors que les prix étaient encore à un niveau nettement supérieur à celui qui prévalait avant la chute de Lehmann Brothers.
Scénarios moins noirs qu'en 2008-2009
Les industries consommatrices, qui n'ont commandé que les volumes qui leur étaient nécessaires, ne pourront cette fois amplifier le recul des prix en vendant leurs stocks. Au prix actuel, plus de la moitié des capacités d'électrolyse sont déjà dans le rouge. Dans ce contexte, la production a reculé sur un mois de 3,6 %, un mouvement entraîné par une chute de l'offre chinoise de 8,7 %. Trois scénarios, élaborés par Barclays, de croissance du PIB plus modeste que prévu, voire négative, montrent que la consommation ne tombera pas dans les profondeurs de 2008-2009. « Le plomb, protégé par la demande des batteries automobiles de remplacement et insensible à la conjoncture, et le nickel, moins corrélé à la croissance globale, résisteront le mieux », affirme Gayle Berry. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, la consommation de cuivre baisserait de 3,6 %, mais la demande d'aluminium resterait positive. Pour rappel, entre le quatrième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009, elle avait chuté de 9,2 % !
Ces prévisions, même les plus pessimistes, sont donc loin de la chute de la demande enregistrée entre le quatrième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009 quand, avec un PIB en recul sur un an de 1,5 %, les consommations de cuivre, de nickel et d'aluminium ont baissé de respectivement 5,7, 5,9 et 9,2 %.











