Très chère libéralisation de l'électricité
Le 27 août 2008 par Redaction L'Usine Nouvelle
ERDF, la filiale d'EDF chargée d'exploiter les réseaux d'électricité, demande une augmentation de ses ressources de 15,1 % pour financer la modernisation de ses infrastructures. Nouvelles hausses de tarifs en perspective.
ERDF (Electricité Réseau Distribution France) a réclamé à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) une hausse de ses ressources de 15,1 % sur la période 2009-2012. Son président du directoire Michel Francony, qui s'est exprimé dans le quotidien La Tribune, a déclaré que cette augmentation était nécessaire au maintien de la qualité de ses services. ERDF, filiale à 100 % d'EDF, est garante de la continuité du service public de l'électricité.Créée le 1er janvier 2008, elle exploite le réseau de distribution d'électricité le plus important d'Europe avec 1,2 million de km de lignes haute et basse tension, et dessert 30 millions de clients. Dans le contexte de l'ouverture du marché de l'électricité, la gestion et l'exploitation des réseaux publics de distribution demeurent en effet un monopole du service public.
Les 15,1 % d'augmentation demandés par ERDF correspondent à un ajustement du Turpe, le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité, fixé par le gouvernement après proposition de la CRE. Le Turpe représente pour les particuliers 46 % du tarif réglementé. Son niveau actuel est le même depuis le 1er janvier 2006.
« Nos recettes actuelles ne nous permettent plus de respecter nos engagements vis-à-vis de nos clients et d'offrir le niveau de qualité de service et de fourniture d'électricité attendu par les collectivités locales », a expliqué à La Tribune Michel Francony. La qualité de la fourniture se serait « dégradée significativement » selon lui.
Autre raison de vouloir augmenter les prix : la libéralisation du marché de l'énergie, mise en œuvre depuis le 1er juillet 2007, exigerait des « niveaux de qualité supérieurs » à ce que ERDF peut fournir actuellement. D'où le plan de modernisation engagé par l'entreprise, pour un coût de « 10 milliards d'euros entre 2006 et 2016, dont 2,3 milliards consacrés aux aléas climatiques majeurs », comprenant l'enfouissement de 10.000 kilomètres de lignes par an. Or, Michel Francony estime que cet investissement ne doit pas être financé en rognant sur les marges des producteurs et des fournisseurs d'électricité. Il certifie par ailleurs que cette demande d'augmentation intervient seulement après qu'ERDF a « procédé à un plan de réduction drastique de ses coûts ».
Mais la CRE ne l'entend pas de cette oreille. Elle propose une augmentation de 8 %, détaillée dans son document de consultation publique diffusé le 26 août. Ce qui, selon les calculs du quotidien économique, reviendrait pour les particuliers à une hausse de 3,6 % du tarif bleu entre 2009 et 2012. La CRE rendra ses conclusions en octobre, à l'issue de la consultation.
Reste que le refrain des associations de consommateurs, qui persistaient à dire que la libéralisation du marché de l'énergie allait faire augmenter les tarifs au lieu de les abaisser, se vérifie un peu plus tous les jours.
La dernière hausse du tarif de l'électricité remonte au 15 août dernier. Le tarif pour les particuliers avait été relevé de 2 %.
Raphaële Karayan

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