Treize ans de réflexion

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3299
EADS Airbus
© D.R - EADS

On a coutume de dire que l'histoire ne repasse pas les plats. Le projet de fusion EADS-BAE est en train de prouver le contraire.

Le 14 octobre 1999, après d'interminables négociations, Lionel Jospin et Gerhard Schröder annoncent, à Strasbourg, la naissance d'un joli bébé de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 89 000 salariés. Il se prénomme EADS (European Aeronautic Defence and Space Company).

L'accouchement a été difficile, mais la joie domine chez le couple franco-allemand. Le nouveau-né est issu de la fusion du français Aerospatiale-Matra, de Dasa, filiale de l'allemand Daimler Aerospace, et de l'espagnol Casa. Il constitue le leader européen de l'industrie aéronautique et spatiale.

Outre le Premier ministre français et le chancelier allemand, de bonnes fées se sont penchées sur son berceau et lui prédisent le meilleur avenir : Jean-Luc Lagardère, Jürgen Schrempp, le patron de DaimlerChrysler, Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Économie. Ils sont tous sur la photo. Le leader britannique, British Aerospace (BAE), reste, lui, dans son coin.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été invité aux réjouissances ! Dès le lendemain de l'annonce, les responsables d'EADS lui tendent la main. Méfiant, l'anglais restera un pied dedans (il est actionnaire du fabricant de missiles MBDA et actionnaire d'Airbus à hauteur de 20 %, avant de vendre ses parts en 2006), un pied dehors (il ne fait pas partie de l'alliance).

Il lui aura fallu treize ans pour se décider à mettre les deux pieds dedans !

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