Travailler plus pour partir en retraite : une réalité en 2010
Le 27 janvier 2010 par Christophe BysLe nombre de nouveaux retraités a reculé en 2009. Cette même année, l’âge de départ moyen a cru de six mois. Deux évolutions qui s’expliquent surtout par le recul des départs pour carrière longue.
C’est ce qu’on appelle un effet statistique. D’après les informations de la caisse nationale d’assurance vieillesse publiées par notre confrère Les Echos, le nombre de nouveaux retraités a baissé en 2009, passant de 774 000 en 2008 à 735 000 un an plus tard. Ce recul s’explique notamment par le durcissement des conditions autorisant un départ avant 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler avant 17 ans à condition qu’ils puissent justifier d’un nombre suffisant de trimestres de cotisations (*).
En dehors de ces départs pour carrière longue, le nombre de nouveaux retraités a légèrement cru passant de 652 000 à 710 000 personnes, soit une hausse de 60 000 personnes. Cette hausse n’a rien d’étonnant, alors que les classes d’âge du baby boom se retirent des affaires. Toutefois, les mesures prises en 2003, notamment le passage à 41 années de cotisations aura à l’avenir des conséquences sur le nombre de départs.
Six mois de travail supplémentaires
Autre conséquence du recul du nombre de départs anticipés : l’âge moyen de départ en retraite, 61 ans et demi, a augmenté de six mois par rapport à l’année dernière. Il retrouve ainsi le niveau de 2003 (61,6 ans), date à laquelle était mise en place la possibilité de départ anticipé.
Reste que ce chiffre moyen cache une variance élevée. Ainsi, les femmes partiraient plus tard, aux alentours de 65 ans, pour acquérir le nombre de trimestres suffisants, en raison de carrières moins linéaires. Sans parler du chômage des seniors qui fait que près de 4 personnes sur 10 qui liquident leur pension ne travaillent déjà plus. De quoi nourrir les négociations qui vont s’ouvrir ces prochaines semaines.
(*) Le dispositif dit de départs avant 60 ans pour carrière longue a été mis en place en 2003 (lois Fillon). A l’époque, le gouvernement avait augmenté le nombre de trimestres de cotisations nécessaires pour partir en retraite.
Jusque-là, certaines personnes ayant commencé à travailler jeune pouvaient cotiser plus de 40 ans, l’âge légal de 60 ans s’imposant à tous. Un retraité qui avait travaillé dès 16 ans cotisait durant 44 ans. Si le nombre de trimestres nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein augmentait, la loi prévoyait un départ anticipé pour ceux qui avaient le nombre de trimestres suffisants.
Christophe Bys

dans la même rubrique
13/02/2012 33 500 nouveaux avions à fournir aux compagnies d’ici à 203013/02/2012 L’industrie grande absente du programme d’Eva Joly
13/02/2012 Un sous-traitant disculpé pour la marée noire dans le golfe du Mexique












