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Quotidien des Usines

Transport: il est où mon camion ?

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Publié le

Le poids lourd est le maillon faible de la chaîne logistique en matière de vol. Plusieurs solutions ont vu le jour. Elles sont souvent liées à la géolocalisation.

Transport: il est où mon camion ? © D.R.

L'an passé, un chauffeur de GF Service, une PME qui transporte des produits à forte valeur ajoutée (mode, luxe...), a vécu un véritable cauchemar : un braquage à main armée sur une autoroute. Retenu pendant des heures, il a entendu les malfaiteurs forcer la remorque et saisir la marchandise... Plus récemment, dans la nuit du 26 au 27 mai, un conducteur a été enlevé en Indre-et-Loire sur un parking sécurisé. Des voleurs lui ont dérobé 1 million d'euros de cigarettes. Ils ont emporté la remorque avec un tracteur... Selon le Syndicat international des transports routiers (IRU), 17 % des conducteurs routiers longue distance en Europe ont été victimes d'au moins un vol depuis cinq ans.

Auparavant, les vols avaient lieu dans les entrepôts, mais ceux-ci sont devenus très sécurisés. Les camions constituent donc le maillon vulnérable de la chaîne logistique. Les statistiques de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante montrent que 85 % des tentatives de vols

Les clés de l'antivol

Un système d'informatique embarquée incluant la géolocalisation et une définition de certaines zones ("corridoring", "geofencing").
Le contrôle à distance de l'ouverture des portes des remorques. un bouton anti-agression pour protéger les chauffeurs.
Des transpondeurs RFID et balises pour suivre la marchandise.
ont lieu sur route (parkings compris). Toujours selon cette source, 625 vols ont été commis au premier semestre 2009 pour un préjudice estimé à 12,5 millions d'euros pour le fret et à 2,5 millions pour les véhicules. Des chiffres contestés par la Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF), qui considère qu'un grand nombre de plaintes ne sont pas déposées et que beaucoup d'affaires sont classées.

FREIN ESSENTIEL, LE SENTIMENT DE "FLICAGE"

Malgré ces risques, le taux d'équipement des camions en systèmes antivol reste faible. En Europe et en France, il est compris entre 10 et 20 % (la flotte est estimée à 5 millions de véhicules) tous types de solutions confondus. En dehors des considérations financières, le frein essentiel reste le sentiment de « flicage » des chauffeurs.

Pour Olivier Weitig, le responsable des opérations d'affrètement chez Gefco France, mieux vaut parler « de protection des hommes et des biens, même si on contrôle le travail ». Cette filiale de PSA dispose d'un millier de véhicules équipés d'un système de géolocalisation en contrat avec Orange. Pour Stéphane Kourlate, le responsable administratif et financier de GF Service, « le chauffeur est suivi à la trace mais il sait que c'est dans son intérêt par rapport aux risques d'agression ou de vol ».

Ce marché des systèmes antivol est dynamique avec une croissance à deux chiffres. Transics, le numéro 1 européen pour les solutions de gestion de flottes spécifiques aux poids lourds, a vu son chiffre d'affaires passer de 13 millions d'euros en 2004 à 43,5 millions en 2008. Toutefois, la crise est passée par là. « Il y a eu moins d'investissements cette année, mais la demande demeure », assure Isabelle Moyon, la directrice nationale géolocalisation de Securitas Alert Services.

Voiture volée, voiture repérée

En 2008, 135 000 voitures ont été volées en France. Parmi elles, des véhicules de particuliers, mais aussi des voitures de location, de fonction ou des camionnettes d’artisans qui se retrouvent dans l’instant au chômage technique. Parade antivol inventée à la fin des années 1990, les puces de géolocalisation permettent de retrouver plus de 90% des véhicules en vingt-quatre heures. Les sociétés Traqueur et Cobra, qui se partagent le marché français, utilisent des technologies différentes.

La première mise sur l’émission d’une radiofréquence repérée, en surface, comme en sous-sol, par des bornes installées dans les voitures de police ou de gendarmerie. La seconde, installée en première monte sur certains véhicules haut de gamme, s’appuie sur un système GPS. Malgré une récente baisse des coûts, ce dernier reste plus cher que son concurrent (890, contre 675 euros), mais grâce à un réseau de filiales et à des accords internationaux, la voiture peut être repérée dans 38 pays.

LES ACTEURS DES TÉLÉCOMS INVESTISSENT LE CRÉNEAU

Les acteurs des télécoms l'ont bien compris. Orange Business Services a ainsi racheté en janvier 2009 les activités de Data et Mobiles, spécialisée dans la gestion de flottes de véhicules et le suivi des marchandises. Et en avril, c'est Hub Télécom qui mettait la main sur Masternaut. Cette société (40 millions d'euros de chiffre d'affaires) est spécialisée dans la vente de boîtiers GPS associés à des services de navigation. « Le marché reste constitué en majorité de PME de 10 à 50 personnes, spécialisées pour la plupart dans les systèmes de géolocalisation », précise Patrick Minot, le directeur général de Nomadic Solutions, qui a équipé plus de 30 000 véhicules en France.

Toutes ces entreprises profitent du développement du GPS et surtout du GPRS au profit du GSM Data, qui permet d'avoir de meilleurs résultats pour un abonnement à un coût plus bas. Les avancées continuent. « Nous travaillons en permanence à l'amélioration de la remontée du GPS, à l'élimination des effets tunnels ou au suivi des parcours », précise Olivier Feneyrol, le directeur de l'activité Machine to Machine d'Orange Business Services.

Les solutions en matière de sécurité sont multiples. Intégrées le plus souvent dans des systèmes de géolocalisation et d'informatique embarquée, elles permettent de sécuriser les chauffeurs et les véhicules. Il est alors possible de suivre un véhicule en temps réel et de déceler le lieu d'un éventuel incident. Deux termes un peu barbares sont utilisés à ce sujet : le « corridoring » et le « geofencing ». Le premier consiste en un contrôle de trajet à la rue près. Si le chauffeur sort de l'itinéraire prévu, une alarme est déclenchée au PC. Le geofencing (barrière virtuelle GPS) est, lui, développé dans certains boîtiers. « On crée une zone circulaire ou polygonale, surtout pour les zones autour des entrepôts. Si le véhicule sort de cette zone, une alarme se déclenche », explique-t-on chez Nomadic. Toutes les sociétés spécialisées comme Transics, Qualcomm, Elomobile, Masternaut, Securitas Alert Services... proposent ces solutions. Certaines comme Eurotoll développent un sys-tème mixte (Tribox) de badge de télépéage couplé à de la géolocalisation. Comme le reconnaît Claire Adouane, la chef de projet marketing, « les fonctions sont basiques, mais à un prix modeste (entre 30 et 50 euros par mois et par véhicule), alors que certaines solutions sont trois fois plus coûteuses ».

Cabines, remorques, containers sont désormais, quant à eux, bardés de boîtiers d'électroni-que embarquée. Des capteurs peuvent, par exemple, être disposés sur la porte du camion. Si la partie mobile du capteur s'écarte de plus de quelques centimètres de sa partie fixe, une alerte est envoyée en temps réel à l'entreprise ou à un centre de télésurveillance notamment pour les chargements à haut risque (tabac, textile de luxe, hi-fi...).

« Les technologies sont voisines. La différence se fait sur la qualité des alertes », avance Jacques Rivière, le président de la société Océan, une PME qui propose des solutions de géosécurité, notamment pour les véhicules et engins de chantier.

D'autres vont plus loin à l'image de Securitas Alert Services. Un système de surveillance à distance s'active si un camion fait un arrêt non programmé. Sanction immédiate : il ne redémarre pas. Cette société travaille d'ailleurs en partenariat avec le constructeur Volvo Trucks. Ce dernier a développé Security Services, une fonction intégrée à son système d'information Dynafleet pour assurer une surveillance permanente. Ce service permet aux conducteurs d'alerter la police ou le centre d'appels en appuyant sur un bouton d'alarme. Il existe également des solutions d'ouverture à distance des portes des remorques. « Les chauffeurs n'ont pas les clés. Ils appellent un PC pour demander l'ouverture. Si un problème technique empêche la manoeuvre, il existe des procédures spéciales », indique-t-on chez GF Service.

DES BALISES AUTONOMES POUR CONTENEURS

Enfin, les carburants sont également sous surveillance. Des sondes dans les réservoirs ou des émetteurs à ultrasons pour vérifier le niveau de carburant commencent à voir le jour. Pour les marchandises, il existe des balises autonomes à placer dans les conteneurs ou les palettes. Si la marchandise « tombe du camion », on connaît le lieu et l'heure du méfait.

Le futur tracking de la marchandise devrait passer par la RFID même si ces tags actifs sont encore très onéreux (30 à 50 euros). Sans parler des lecteurs. Certains industriels ont pris les devants comme Nexans, qui souhaite pouvoir avec Gefco tracer le transport du cuivre.

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