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Transition énergétique : et si le fossile finançait le renouvelable ?

Par  - Publié le
Thibaut de Jaegher
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Le Japon en passe de relancer ses centrales nucléaires et les défaillances de grands acteurs des énergies renouvelables posent la question du financement de la transition énergétique à la Française.

Le principe de réalité reprend toujours ses droits. On peut fantasmer à l'envie sur une économie zéro carbone, une économie sans rejet de substance nocive ou sans déchet... Tôt ou tard, ces utopies doivent affronter la réalité des besoins, les besoins d'un monde avide d'énergie qui n'est pas réellement prêt à subir les désagréables conséquences d'un mix énergétique qui ne ferait de place qu'au renouvelable. Désagréments qui se matérialisent par l'intermittence de ce mode de production et son coût élevé.

Le Japon l'a bien compris. Malgré les risques, malgré les dangers que représentent les centrales nucléaires sur une île où séisme et tsunami sont malheureusement des phénomènes familiers, ce peuple, en tout cas ses dirigeants politiques, ont décidé de relancer l'atome comme le prouve la commande de Mox passée par ce pays à Areva.

Vu d'Europe, cela peut sembler choquant de voir ainsi revenir l'atome au Japon : tout le monde se souvient des craintes ou des peurs éprouvées face à la catastrophe de Fukushima il y a deux ans.  Mais il faut voir cette décision d'abord et avant tout comme du pragmatisme énergétique.  La relance de l'atome ne se fait pas par idéologie nucléariste mais pour faire face tout simplement aux besoins du pays.

Le message que nous envoie le Japon est finalement assez simple : il est difficile, très difficile de se sevrer totalement des vieilles énergies pour basculer, du jour au lendemain, vers de nouvelles sources encore en phase d'apprentissage. Cette transition - souhaitable dans l'absolu : qui peut être contre une énergie plus propre ?- exige du temps, beaucoup de temps. Certains, notamment en France, sont tentés de la mener à la hussarde alors qu'elle doit se faire de manière posée et réfléchie, avec obstination et dans la durée.

A l'heure où la France travaille sur sa transition énergétique, nous devons méditer ce message, comme nous devons analyser les défaillances en série dans la filière solaire ou dans l'éolien. Les énergies renouvelables ne s'imposeront pas sans modèle économique. Modèle économique qui, dans un premier temps, pourrait être financé par des ressources "traditionnelles". C'est le pari qu'a fait le président des Etats-Unis, Barack Obama. Dans son discours de l'Union, il a clairement dit qu'il utiliserait une partie de la richesse créée par les gaz de schiste pour financer les énergies vertes. Impensable en France...

Thibaut De Jaegher

 

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