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TRAITEMENT DES DECHETSValorisation des ordures ménagères au Creusot-MonceauLa construction d'un complexe de traitement et de valorisation des déchets ménagers débutera en juin dans la banlieue du Creusot. Elle devrait permettre de diviser par quatre leur mise en décharge.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2454

TRAITEMENT DES DECHETS

Valorisation des ordures ménagères au Creusot-Monceau

La construction d'un complexe de traitement et de valorisation des déchets ménagers débutera en juin dans la banlieue du Creusot. Elle devrait permettre de diviser par quatre leur mise en décharge.



La Communauté urbaine du Creusot-Monceau (CUCM) va investir dans un complexe de retraitement des déchets ménagers, dont la mise en service est prévue pour l'été 1995. Les terrassements viennent de commencer, et la construction des bâtiments démarrera au mois de juin. Cet investissement de 136,5millions de francs créera environ 45emplois d'ici à 1997, dont une trentaine dès le début de l'exploitation. Le projet a été lancé en 1990 par André Billardon, président de la Communauté urbaine: "A mon arrivée à la présidence, les anciennes décharges étaient saturées et un projet de centre d'enfouissement moderne était à l'étude.Nous avons alors essuyé une opposition féroce de la part de la population, traumatisée par l'affaire de Montchanin, situé à quelques kilomètres. Aussi, une commission composée d'élus et d'associations de défense de l'environnement a été mise en place. C'est ainsi que ce projet de valorisation des déchets par le tri sélectif et le compost a été élaboré." Ce complexe de retraitement s'étendra sur une surface de près de 24000 mètres carrés sur la commune de Torcy, dans la banlieue du Creusot. Quatre filières de traitement seront mises en place et s'appuieront sur différents types de collecte. Les déchets secs (verre, papiers et plastiques), qui devraient représenter 39% des récupérations, seront soumis à des collectes sélectives par apport volontaire. Un module de tri manuel les séparera ensuite en lots homogènes. Les matières susceptibles de fermentation (26%) feront aussi l'objet d'une collecte sélective, cette fois au porte-à-porte. Le retraitement de ces matières s'effectuera dans un module de compostage, basé sur une technologie danoise de traitement aérobique développée par Krüger. Les autres déchets, les métaux en particulier, rassemblés par le système de collecte traditionnel, seront traités dans un module de tri mécanique mis au point par la Sogea. Un dernier équipement permettra le compostage des déchets verts en provenance des "déchetteries".

48 500 tonnes traitées la première année

Une plate-forme de conditionnement du non-valorisable complètera l'usine, pour l'ensemble des ordures de la CUCM. 48500tonnes, dont 6500 de déchets verts, seront ainsi traitées la première année, capacité qui passera à terme à 70000 tonnes, dont 10000 de déchets verts. La collecte sélective devrait représenter 65% du total à l'horizon de l'an 2000. Pour gérer le complexe, une société d'économie mixte (SEM) a été montée. Le fonctionnement sera assuré par la taxe sur les ordures ménagères, progressivement augmentée depuis 1991 et finalement doublée en 1994. Par ailleurs, une partie des produits retraités seront vendus, en particulier grâce aux filières industrielles d'Eco-Emballages, dont il s'agit ici d'un projet pilote (37,5% des déchets ménagers seront retournés à l'industrie) et qui participe également au financement et à l'exploitation de l'outil industriel. En ce qui concerne le compost, il est à priori destiné à l'agriculture (il représentera 18,5% des produits entrants), mais des contacts sont d'ores et déjà pris avec des entreprises para-agricoles. Tout cela permettra en définitive de diviser par quatre la mise en décharge des déchets.





INVESTIR POUR QUATRE FOIS MOINS DE DECHETS

Coût total: 136,5millions de francs- dont 36millions pour les bâtiments et le réacteur de compost; 74 millions pour les équipements de process; 9 millions pour les plates-formes et les infrastructures; 7millions pour le matériel roulant et 10,5 millions pour les frais divers.

Surface: bâtiments industriels (12000 m2); réacteur de compost (1700 m2); plates-formes (10000 m2).

Capacité: complexe prévu pour 150000 habitants, soit 60000 tonnes de déchets par an. La CUCM compte 100000 habitants, qui produisent 42000 tonnes de déchets à traiter chaque année.

Financements: 105millions de francs de prêt par un pool bancaire dont le chef de file est le Crédit national (avec le CIC, le Cepme, le CLF, le Crédit agricole Ain/Saône-et-Loire et la Caisse d'épargne de Bourgogne); 36,5 millions de francs d'auto-financement et de subventions.

Aides : (entre 28 et 30% du financement): Ademe au titre du fonds de modernisation : 12millions de francs; Eco-Emballages: 5millions de francs; Fonds d'industrialisation des Charbonnages de France: 1,75million de francs. Un minimum de 15 millions de francs sont actuellement en discussion avec le Conseil général de Saône-et-Loire (12 millions de francs) et le Conseil régional (au titre de la création d'entreprise).

Constitution de la SEM:

Communauté urbaine du Creusot-Montceau: 16communes (52%); Conseil général de Saône-et-Loire (15%); partenaires industriels: Slec, Krüger et LBBS (19,25%); partenaires financiers: Sopa-Finance et Sofipa (13,75%).

USINE NOUVELLE - N°2454 -

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