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Trafigura et ses déchets dénoncés par Twitter

Par Pascal Coesnon - Publié le
la couverture du Guardian

Un rapport de 2006 sur les déchets toxiques d’Abidjan doit rester secret… affirme Trafigura. C'était sans compter sur Twitter qui a permis de contourner les avocats de la firme en Angleterre.

 

Dans l’affaire des déchets toxiques d’Abidjan, Trafigura aurait-il la conscience aussi tranquille que le trader aimerait le faire croire ? Rien n’est moins sûr. Le cabinet d’avocats représentant la firme de trading, Carter-Ruck, a obtenu le 11 septembre 2009 de la Haute cour de justice une injonction contre le quotidien britannique The Guardian : ordre lui a été donné de ne pas publier le rapport Minton comme il entendait le faire. Le rapport Minton, de septembre 2006, est relatif au déversement des déchets toxiques en août de la même année, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, et à leur composition.

 

Le membre travailliste du Parlement, Paul Farrelly, a posé lundi dernier une question au ministre de la Justice britannique Jack Straw, lors d’une séance de la Chambre des communes, sur cette interdiction contrevenant à la « sacro-sainte » liberté de la presse, fierté du Royaume-Uni. Une nouvelle injonction obtenue le soir même par le cabinet Carter-Ruck interdisait au Gardian de publier la question elle-même et le lieu où elle a été posée, l’identité de l’auteur ainsi que celle de la compagnie ayant demandée l’injonction. Cette décision va à l’encontre d’une loi de 1688 qui veut que toute discussion parlementaire puisse être librement rapportée par la presse.

 

Mais si le cabinet d’avocats a pu museler la presse, il ne contrôle pas encore internet. Le soir même, Alan Rusbridger, le rédacteur en chef du Guardian, faisait connaître sur Twitter l’interdiction faite au Guardian de relater les discussions du parlement « pour des raisons non avouables ». Le mardi, Trafigura, Carter et Ruck étaient les noms les plus recherchés sur les  différents moteurs en Europe par des dizaines de milliers d’internautes. A l’heure du déjeuner, Trafigura et le cabinet Carter-Ruck faisaient marche arrière toute. Toutefois, le Gardian reste interdit, selon les termes de l’injonction du juge Justice Maddison, de divulguer quelque information sur le rapport Minton ou son contenu. La combinaison d’un vieux média – le Guardian – et d’un nouveau – internet – a « rendu la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité ».

 

Pascal Coesnon

 

Le rapport est consultable ici

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