Trafigura contre-attaque
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leLes avocats de la multinationale contestent le bilan causé par les déchets toxiques d'Abidjan.
Les déchets pétroliers « bien que dégageant une odeur désagréable, n'ont pas pu causer les maladies ni les préjudices de grande ampleur mentionnés », estimaient hier les avocats de Trafigura, affréteur du tanker Probo Koala qui a déchargé les déchets toxiques à Abidjan le 20 août 2006, dans un document déposé auprès des tribunaux de Londres et de Paris. Tribunaux où plusieurs dizaines d'Ivoiriens ont porté plainte contre la multinationale à la suite de la pollution qui a provoqué la mort de seize personnes et l'intoxication de plus de 95 000 autres, selon les chiffres donnés par le Trésor public ivoirien.Selon les avocats, « l'environnement local était déjà fortement pollué et de nombreux habitants souffraient déjà des symptômes invoqués bien avant l'arrivée du Probo Koala ». Affirmant par ailleurs que leur client « a respecté toutes les procédures en vigueur et internationalement reconnues », ils jugent que les seules fautes commises l'ont été par la société ivoirienne Tommy, à qui Trafigura avait confié les 581 tonnes de slops au port autonome d'Abidjan après l'avoir informé de leur nature. Rappelons que Tommy est un avitailleur n'ayant aucune compétence pour le curage des soutes de navires qui n'a été agréé pour l'épandage dans les décharges d'Abidjan que le 12 juillet 2006. « Trafigura ne pouvait pas prévoir que la société Tommy déverserait illégalement les slops non traités à Abidjan et dans ses environs », affirme le document.
En outre, le 13 février dernier, Trafigura s'engageait à verser à l'Etat ivoirien 152,5 millions d'euros en échange de l'abandon des poursuites judiciaires et de la libération de ses dirigeants emprisonnés à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan ainsi que de la prise en charge du coût de la dépollution des sites. « Ce paiement ne saurait en aucun cas être interprété comme une reconnaissance de responsabilité », concluent les avocats.
D'autre part, des experts internationaux constitués de membres de la société française Biogénie, du cabinet américain Environ et du cabinet français Burgeat sont arrivés dans la capitale économique de Côte d'Ivoire afin d'achever les travaux de dépollution des sites encore contaminés à la demande de Trafigura. « Leur mission s'inscrit dans le cadre de l'audit poursuivi en accord avec l'Etat ivoirien et qui n'est pas achevé, et dont l'objet final est bien la dépollution des sites demeurant éventuellement pollués par les slops », précise Trafigura.
Les travaux de dépollution avaient été confiés à la société française Trédi, qui a collecté 9 300 tonnes de substances contaminées, avant de les acheminer en France pour y être traitées. Les travaux avaient été interrompus en décembre 2006, faute d'une autorisation du gouvernement ivoirien pour poursuivre les travaux. Selon Trédi, il resterait entre 2 500 et 3 000 tonnes de déchets à collecter.
Pascal Coesnon

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