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Toyota veut faire ami-ami avec les conducteurs sur un réseau social

Par Christophe Dutheil - Publié le
Toyota - SalesForce
© Reuters

Le constructeur japonais Toyota Motor va construire son propre réseau social en s'appuyant sur Chatter, la plate-forme de collaboration de Salesforce.com. D'ici 2012, il invitera les conducteurs de ses véhicules électriques et hybrides à rejoindre son réseau.

Après son partenariat avec Microsoft dans la télématique embarquée, Toyota vient de s'allier au spécialiste américain des services en ligne Salesforce.com (1,65 milliard de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier) afin de mettre au point un nouveau réseau social. Objectif : fédérer une communauté autour de sa marque, incluant les conducteurs, leurs voitures et les concessionnaires.

Baptisé Toyota Friend, le nouveau réseau social est prévu pour 2012, en premier lieu pour les conducteurs japonais des véhicules électriques et hybrides de la marque. Accessible sur tous types de terminaux (ordinateurs, tablettes, smartphones...), il s'appuiera sur la plate-forme en ligne de collaboration et de réseau social d'entreprise Chatter de Salesforce.com.

Lequel doit en contrepartie investir 1,92 million d'euros dans Toyota Media Service, la filiale de Toyota spécialisée dans les services de télématique embarquée. Une somme s'ajoutant aux 3 millions d'euros déjà injectés début avril par Microsoft dans cette même activité.

Informations en temps réel

Pourquoi s'inscrire sur Toyota Friend ? Toyota promet plusieurs avantages aux "amis" qui accepteront de rejoindre son réseau "privé." Outre des conseils de maintenance, il devrait par exemple leur diffuser des alertes en temps réel sur l'état de chargement des batteries de leurs véhicules, et les inciter à échanger entre eux des informations. Des passerelles leur permettront aussi de communiquer avec leurs contacts sur de grandes plates-formes publiques, telles Facebook et Twitter.

De quoi promouvoir la marque sur Internet ? C'est possible... Mais il reste à voir si Toyota parviendra à convaincre ses clients. "Un réseau social de ce type doit parvenir à créer du lien pour fonctionner", estime Yves Cretegny, PDG du cabinet suisse Lift Lab, spécialisé dans l'analyse des technologies et des nouveaux usages. "Il faut y ajouter les éléments qui vont inciter les gens à accepter de fournir certaines informations et à y consacrer un peu de temps. Faute de quoi, le réseau ne durera pas."

Pour ce spécialiste, Toyota Friend témoigne d'une autre tendance de fond : "L'émergence de la transmission d'informations par les objets, qui, comme les voitures ou les ampoules récemment présentées par NXP, vont permettre aux fabricants de proposer de nouveaux services et de cerner beaucoup plus finement les usages des produits." Mais à condition, là aussi, que les utilisateurs trouvent un intérêt à se prêter au jeu.

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