Toyota rejoint la fondation Linux
Par Christophe Dutheil - Publié le
Le constructeur japonais vient d'intégrer le club des promoteurs et utilisateurs actifs de la solution open-source alternative. Toyota entend ainsi apporter sa pierre aux évolutions du système et de s'en inspirer pour faire évoluer ses propres systèmes multimédia embarqués.
En affirmant son engagement pour Linux, Toyota est devenu hier l'un des premiers constructeurs automobiles à devenir membre à part entière de la fondation, en tant que partenaire "Gold". La démarche est loin d'être altruiste. Il s'agit pour le constructeur japonais de s'appuyer sur le système d'exploitation open source pour développer les tableaux de bord communicants et les systèmes d'infodivertissement embarqués de ses véhicules de demain.
Dans ce domaine - très convoité - de la télématique embarquée, Toyota semble placer ses pions tous azimuts. On aurait pu croire le constructeur automobile japonais acquis à la cause de QNX Systems, un système embarqué propriétaire racheté l'an dernier par Research In Motion (RIM) : lequel est déjà à la base de Toyota Entune... Mais Toyota a récemment aussi promis de faire entrer à l'avenir (moyennant des investissements conjoints) des systèmes de Microsoft et de Salesforce sur les tableaux de bord de ses véhicules.
La maturité technologique requise
Sans surprise, la fondation Linux est ravie de l'engagement de Toyota en sa faveur. Elle précise dans un communiqué que "le système d'exploitation Linux offre une plate-forme commune permettant de connecter tout un réseau mondial de terminaux, dont les voitures" - les automobiles étant en passe de devenir des "terminaux mobiles sur roues".
L'ouverture du code du système Linux offrirait aux constructeurs, selon cette même source, "toute la flexibilité dont ils ont besoin pour mettre rapidement sur le marché de nouvelles innovations."
Quant à Toyota, il affirme que ce système d'exploitation a désormais "la maturité technologique" requise pour offrir une nouvelle génération de systèmes d'infodivertissement et de communication. Et le même d'insister sur la "neutralité" de la fondation Linux, propre à faciliter les collaborations à venir.
Est-ce à dire que l'alliance Genivi, dont Toyota ne fait pas partie et dont l'objectif est pourtant de développer en open source une plate-forme embarquée d'infodivertissement pour les véhicules (en grande partie sur la base de composants Linux), ne bénéficie pas de cette "neutralité" ? "C'est à Toyota de se déterminer sur ce point", répond un porte-parole américain de Genivi, en soulignant que l'alliance fédère un large éventail international de constructeurs allant de Renault à PSA, en passant par General Motors et Nissan...
Selon Toyota, la préférence accordée à Linux s'explique par la nature de ses activités. "Genivi propose des solutions logicielles exclusivement centrées sur les véhicules, tandis que Linux a un intérêt plus transversal et donc plus proche de nos préoccupations...", nous indique une porte-parole de la filiale hexagonale. "Ce système d'exploitation est aussi utilisé pour les smartphones...".

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