Toyota rattrapé par la crise des rappels
Par Morgane Remy - Publié le
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Comment Toyota France a géré la crise des rappels Une mauvaise année 2010 pour Toyota dans le monde « Le « lean » a été amputé d’un des piliers du Toyota Production System » General Motors arrache la 1ère place mondiale à ToyotaLes plaintes déposées contre le constructeur japonais aux Etats-Unis ont été jugées recevables, apprenait-on mardi 17 mai. Toyota n’a peut être pas fini de payer le tribut de la crise des rappels qui a débuté en octobre 2009.
Un juge fédéral américain a donc décidé de donner suite aux plaintes dont le constructeur japonais fait l'objet en raison de problèmes de sécurité sur ses véhicules.
Cette décision a été rendue publique le 17 mai, quatre jours après la décision. Sont particulièrement concernés par cette annonce, la Lexus ES 350 et la Toyota Prius. La pédale d’accélérateur de ces modèles avait tendance à se coincer dans le tapis entraînant une perte de contrôle de la vitesse. Un défaut qui a causé au moins 71 accidents et 89 décès aux Etats-Unis en 2009, selon l’agence américaine de sécurité routière (NHTSA).
Suite à ce problème, et depuis octobre de la même année, Toyota a rappelé près de 9 millions de véhicules, dont plus 6 millions aux Etats-Unis. Principalement en raison de problèmes d'accélérations involontaires. Malgré ces rappels, des plaintes ont été déposées pour "pertes économiques" et pour "blessures et homicides" contre le constructeur, alors deuxième vendeur aux Etats-Unis.
"Toyota connaissait ce défaut"
Les propriétaires de véhicules et les familles des victimes demandent aujourd’hui des dommages et intérêts. "Nous souhaitons prouver que Toyota connaissait ce défaut et a choisi de ne pas agir pour protéger ses consommateurs", a déclaré Steve Berman, l’avocat des plaignants. Des allégations démenties par le constructeur japonais qui avait demandé, il y a moins d'un mois, le rejet des plaintes pour manque de preuves. Etaient principalement visées les plaintes pour "pertes économiques".
Le juge californien James Selna, qui coordonne les enquêtes concernant Toyota, a tranché en faveur des plaignants."La perte économique est établie", a écrit le juge. "Un véhicule qui a un défaut vaut moins qu’un véhicule sans". La plainte a donc une motivation valable aux yeux de la justice, ce qui suffit pour instruire le procès.
Des rappels à répétition
Si l’on remonte dans le passé de la marque, on peut ajouter à ces problèmes de tapis de sol en 2009, une fuite du liquide freinage qui a occasionné une autre vague de rappel en octobre 2010. Dans la même période, Toyota va également rappeler quelques dizaines de milliers d'automobiles supplémentaires pour divers défauts de connecteur de pompe à essence. En janvier 2011, c’est un risque de fuite de carburant qui oblige Toyota à rappeler plus d’1,7 million de véhicules dans le monde.
L'affaire semble à son paroxysme lorsque des voitures rappelées le sont de nouveau. En février 2011, le constructeur annonce en effet un amendement à des rappels remontant à novembre 2009. Au total, ce sont 2,17 millions de voitures qui doivent revenir chez le concessionnaire pour améliorer la fixation des tapis de sol.
Le constructeur rattrapé par la crise
Sur le plan juridique, le constructeur a gagné une bataille en février 2011. Le ministère américain des Transports confirme la thèse du groupe japonais selon laquelle les accélérations involontaires des véhicules du constructeur japonais sont dues à des problèmes mécaniques.
Mais, seulement deux semaines après cette annonce, une nouvelle vague de rappels entache de nouveau la réputation du groupe japonais. Le 24 février, Toyota rappelle 789 000 véhicules pour exactement le même problème. Une crise d'autant plus grave qu'elle met à mal les efforts du constructeur pour redorer son blason grâce à plan de qualité mis en place dès juillet 2010.
Aujourd’hui, concernant les plaintes jugées recevable vendredi 13 mai, Toyota se déclare "confiant" car "aucune preuve n'existe". La charge de la preuve revient en effet aux plaignants.Toyota est néanmoins dans une position indélicate. Si Toyota perd son procès et doit payer des indemnités, il est possible de voir affluer de nouvelles plaintes de propriétaires concernés par les successives vagues de rappels.

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