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TOUS D'ACCORD POUR RÉDUIRE LE CO2

Le 03 décembre 2009 par Agathe Remoué | L'Usine Nouvelle n° 3172

Après des mois de refus d'engagement, la communauté internationale avance des objectifs chiffrés. Ira-t-elle jusqu'à des accords contraignants ?

Retournement de situation ou afflux de bonnes intentions ? Un vent d'optimisme souffle sur le sommet de Copenhague, qui débute le 7 décembre. Les Etats font un à un des propositions chiffrées de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Y compris les plus farouchement rebelles : le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré fin novembre que son pays était « prêt à accepter des objectifs ambitieux de réduction d'émissions de gaz à effet de serre ». A condition, évidemment, « que le partage du fardeau soit équitable ». Le Premier ministre ne pousse pas la bonne volonté jusqu'à avancer des objectifs chiffrés. Mais cette déclaration d'intention laisse entrevoir une volonté d'entrer dans des discussions. Quant à la Chine, premier émetteur de CO2, elle n'est plus l'irréductible que l'on a connue. Les représentants de l'Union européenne et du gouvernement chinois se sont réunis fin novembre à Nankin, dans l'est du pays, pour parler climat.

L'EUROPE EST LA PLUS AMBITIEUSE

Le Premier ministre, Wen Jiabao, a confirmé qu'il envisageait de s'engager à réduire son intensité carbonique - émissions polluantes par unité de PIB - de 40 à 45 % d'ici à 2020 par rapport à 2005. Il y a quelques semaines, le président des Etats-Unis - second émetteur de gaz à effet de serre - a annoncé un objectif de réduction de 17 % de ses émissions entre 2005 et 2020. Ce qui ne représente qu'une amélioration de 6 % par rapport à 1990, l'année de référence du protocole de Kyoto... L'Europe s'engage, elle, à 20 % de baisse sur la période 1990-2020. Ambitieux, ses représentants sont prêts à aller plus loin (30 %) si Copenhague se termine sur l'adoption de mesures contraignantes à l'encontre des pays qui ne respecteraient pas leurs engagements. Le protocole de Kyoto étant un accord volontaire, ni le Canada ni le Japon ne subiront de sanction, alors que leurs émissions ont continué à grimper.

Le projet européen ressemble pour l'heure à un voeu pieux. En effet, les Etats-Unis auront du mal à s'engager sur cette voie alors que la loi nationale sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre est âprement débattue en ce moment même au congrès. Un congrès particulièrement hostile aux contraintes extérieures.

Au-delà des accords chiffrés, la méthode et les outils permettant de décliner ces engagements seront aussi discutés à Copenhague. La Bourse d'échange des droits à polluer à l'européenne pourra-t-elle être généralisée pour donner un prix unique au carbone ? Dans ce cas, que deviendront les Mécanismes de développement propres (MDP), qui permettaient à un industriel d'obtenir des crédits carbone sur la Bourse européenne en réduisant la pollution dans des pays hors Kyoto ?

LE FINANCEMENT RESTE ÉPINEUX

Impossible, par ailleurs, d'éviter la question qui fâche : qui va payer ? Le coût généralement avancé de l'atténuation des changements climatiques est de 100 milliards d'euros par an entre 2013 et 2020. Les pays émergents auraient aimé que les pays développés leur consacrent de 0,5 à 1 % de leur PIB. Une piste qui semble désormais oubliée. L'Europe s'est dite prête à contribuer à hauteur de 10 milliards d'euros, mais les 27 n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur une répartition... Au-delà des bonnes intentions, à Copenhague, le diable se nichera sûrement dans les détails.

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