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Total va doubler la mise au Vénézuela

Par ALAIN JEMAIN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2955

La visite à Paris d'Hugo Chavez, président vénézuélien, accélérera le projet Sincor 2 dontTotal sera l'opérateur.

Le président du Vénézuela ajoute la France dans la liste des pays partenaires (Russie, Qatar, Libye, Espagne, Inde et Iran) sur lesquels il compte pour porter la production pétrolière vénézuélienne à plus de 5,1 millions de barils par jour en 2008 (3,1 millions actuellement). Confirmé dans ses fonctions depuis le référendum du 15 août 2004, « el presidente » est venu à Paris le 9 mars « en visite de travail », pour rencontrer, le matin, Thierry Desmarest, le président de Total et l'après-midi, le Président de la République.

Premier signe du réchauffement des coopérations bilatérales : Total, le groupe vénézuélien PDVSA et le norvégien Statoil, déjà associés depuis 1997 dans le projet Sincor de valorisation des réserves d'huiles extra lourdes de l'Orénoque, vont pouvoir commencer à mettre sur les rails Sincor 2. Un méga projet en négociation depuis un an. Cette semaine, une délégation de Total dirigée par Christophe de Margerie, responsable exploration production, est à Caracas. Sincor 2 que pilote à Paris pour Total, Daniel Allirot, vise à doubler la capacité de production de « syncrude ». Ce brut ultra léger de très bonne qualité (le « Zuata Sweet » de 32°API contenant moins de 0,1 % de soufre) est extrait, comme pour Sincor 1, des bruts proches du goudron (8 à 9° API) provenant de réservoirs localisés sous la forêt amazonienne et qui seront traités à José près de Puerto La Cruz, (200 kilomètres de Caracas).

Un investissement de quelque 5 milliards de dollars

La nouvelle unité d'« upgrading » de près de 200 000 barils par jour coûtera, comme la précédente, 4,5 à 5 milliards de dollars. Seule différence, de taille, avec l'unité déjà en service qui expédie le syncrude vers la raffinerie Total de Port Arthur (Etats-Unis) : la technologie. Pour Sincor 2, Total et ses partenaires ont choisi de développer le procédé SAGD (Steam Assisted Gravity Drainage) déjà exploité au Canada pour le traitement des sables bitumineux de l'Athabasca. Et, cette fois, la vapeur remplacera les solvants utilisés à froid sur Sincor 1 (technologie Foster Wheeler), pour dissoudre le brut venu d'une autre zone de production de l'Orénoque, d'une composition différente, mais très chargée en soufre et en métaux lourds. Le groupe français entend tirer profit de l'expérience, récente, acquise sur le gisement canadien de Surmont, où il se retrouve au sein d'un consortium conduit par Cono-coPhillips.

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