Tocqueville Finance juge le marché trop pessimiste
Publié lepar Alexandre Boksenbaum-Granier
PARIS (Reuters) - Tocqueville Finance juge trop pessimistes les anticipations du marché au regard des valorisations actuelles des actions alors que la situation financière des entreprises s'est améliorée par rapport à 2008 et qu'en dehors des financières, les sociétés affichent des marges historiquement élevées.
La société de gestion, qui rappelle que les précédentes crises (1929, 1987, 1997-1998, 2000, 2007) ont à chaque fois été liées à de l'endettement, estime que le marché intègre déjà dans les cours des actions énormément de mauvaises nouvelles dans un contexte difficile et très volatil.
"Il ne faut pas être béatement optimiste mais tout n'est pas noir aujourd'hui", a assuré Nelly Davies, gérante actions européennes chez Tocqueville Finance, lors d'une conférence de presse mercredi.
"Le marché va vraiment très loin, il a totalement annulé ses 20 ans de croissance, ce qui nous paraît complètement injustifié."
En se concentrant sur la microéconomie, plusieurs éléments favorables aux actions ressortent, estime Nelly Davies, citant notamment le niveau de marges des sociétés industrielles européennes, passé de 8% dans les années 1980 à plus de 12% en 2010.
BULLE SUR L'IMMOBILIER ET LA DETTE US ?
Si la gérante reconnaît un possible tassement des marges à l'avenir, elle écarte en revanche un effondrement compte tenu d'une meilleure résistance des entreprises aux cycles économiques et de l'absence d'inflation sur les salaires en Europe ainsi que sur les matières premières.
En outre, les sociétés non financières ont également réduit leur endettement pour retrouver les niveaux de 2005-2006 et génèrent des flux de trésorerie proches de 300 milliards d'euros pour cette année, soit l'équivalent de 15% de la capitalisation boursière en Europe, qui financent soit de la croissance interne soit des acquisitions.
La société de gestion s'interroge en revanche sur la possible existence d'une "bulle" sur les actifs immobiliers et sur les emprunts d'Etat comme la dette américaine.
"La bulle n'est-elle pas plus sur l'immobilier que sur les actions qui ne valent rien ?", a questionné Jacques Burlot, gérant actions européennes chez Tocqueville Finance.
"Si on regarde par classe d'actifs, on est peut-être plus tranquille quand même aujourd'hui avec des actions à leur cours actuel que sur certains emprunts d'Etat (...) et sur l'immobilier c'est pareil", a-t-il ajouté.
La société de gestion rappelle qu'en 2008 le taux des fed funds était à 2% et le rendement de la dette américaine à 10 ans à 3,75%, contre respectivement 0,25% et 1,8% actuellement.
Edité par Dominique Rodriguez
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