Spécialisée dans les tests de détection du cancer du col de l'utérus, la start-up francilienne n’a levé que 2,6 millions d’euros, soit 1,2 de moins que ce qu’elle espérait. Mais elle a de grandes ambitions sur un marché qu’elle évalue à un milliard d’euros.
Lundi 8 octobre, c’est une timide introduction sur Alternext qu’a réussi la société française de biotechnologies Novacyt. Ce spécialiste des tests de détection du cancer du col de l'utérus a levé 2,6 millions d'euros, au lieu des 3,85 millions d'euros qu'il escomptait. Avec un prix d'émission fixé en bas de fourchette, à 8,10 euros par action.
Pour autant, ce semi échec ne devrait pas mettre à mal les projets d’Eric Peltier, le PDG de cette société de cinq personnes créée en 2006 à Vélizy, dans les Yvelines. La cotation "marque une étape importante pour Novacyt et va permettre à la société de poursuivre ses efforts de R&D afin de proposer de nouveaux produits pour améliorer le dépistage du cancer", explique-t-il. Sa société a aussi développé des applications de cytologie (l’étude des cellules à partir d’un échantillon) intéressant les urines, le poumon, la thyroïde, les ganglions ou le sein.
Conquérir les pays émergents
Ses nouveaux moyens financiers devraient surtout lui permettre de soutenir ses ambitions dans les pays émergents. Car il est impossible pour Novacyt d’attaquer le marché des Etats-Unis, que se partagent les deux géants américains des tests de diagnostic, Becton Dickinson (BD) et Hologic. "Nous allons tenter de les concurrencer en Europe et dans les Brics", explique donc son dirigeant. La start-up est parvenue à obtenir une autorisation de mise sur le marché pour ses tests en Europe, en Chine et en Russie.
Se différencier des concurrents américains
Estimé à plus d'un milliard d'euros avec environ 200 millions de tests vendus (et généralement remboursés), le marché mondial du dépistage du cancer du col de l'utérus devrait doubler dans les dix ans à venir, espère Novacyt. En grande partie grâce à la mise en place dans les pays émergents de programmes de dépistage généralisé de cette maladie, qui tue encore 250 000 femmes par an. Pour conquérir de nouveaux marchés, le Français ne mise pas sur le low cost. Le prix de ses systèmes entièrement automatisés - 20 000 euros pour un petit laboratoire, le double pour un grand – serait proche de celui de ses concurrents.
Pour se différencier, "nous avons pensé une automatisation simple à partir de robots existants en biologie moléculaire, et nous avons créé de nouveaux consommables ainsi qu’un logiciel de numérisation des lames", raconte Eric Peltier. Sa technologie permettrait de réaliser jusqu’à 60 tests par heure, contre 30 tests pour ses concurrents. Malgré un modeste chiffre d’affaires de 884 000 euros en 2011, et 685 000 euros de pertes, Novacyt ambitionne les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans, et la rentabilité en 2014.









