ThyssenKrupp Sofedit Le vent tourne en région Centre
Par DE NOTRE CORRESPONDANT JEAN-CHRISTOPHE SAVATTIER - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3095Le spécialiste du découpage-emboutissage pour l'automobile pourrait fermer deux de ses sept usines françaises. Plus de 1 000 emplois sont menacés en région Centre.
Malencontreusement oublié sur le capot d'une photocopieuse, un document de la direction, présentant l'organigramme de l'équipementier automobile ThyssenKrupp Sofedit (TKS) à l'horizon 2010, a déclenché une tempête syndicale. Il est vrai qu'il tient pour acquis la fermeture de deux usines de découpage et d'emboutissage : Vendôme (Loir-et-Cher) et Amilly, près de Montargis (Loiret), qui emploient respectivement 490 et 550 salariés.
Sur la copie du document, qui circule en interne, est également biffé le siège social de Saint-Quentin-en-Yvelines avec ses 190 salariés. Il serait transféré sur Le Theil (Orne), où est exploitée une usine de 1 000 personnes, spécialisée dans le formage à chaud. L'usine d'Auxi-le-Château (Pas-de-Calais), dont la vente est à l'étude depuis plusieurs mois, serait aussi rayée du paysage.
Dans la suite des méventes de l'automobile française, plusieurs sites de TKS connaissent des problèmes structurels de charge, d'où d'importantes difficultés financières (60 millions d'euros de pertes en 2007). Le groupe résulte pour l'essentiel du rachat, en 2003, par ThyssenKrupp, de Sofedit, alors détenu par des financiers américains (Trianon), et déjà en grande difficulté.
une simple hypothèse ?
Selon la direction, le document « ne présente qu'une hypothèse parmi d'autres, ne préjugeant en rien des décisions qui doivent être bientôt annoncées ». Les syndicats, CGT en tête, sont d'un avis opposé. Ils considèrent que cet organigramme semble constituer une version plutôt aboutie de la réflexion engagée par la direction, il y a quelques semaines. Selon eux, il pourrait être présenté prochainement aux pouvoirs publics en préalable à une annonce, sans doute dans la seconde quinzaine d'avril. Les fabrications à plus faible valeur ajoutée auraient aussi déjà été stoppées à Vendôme et à Amilly, ou commencent à être transférées. Un donneur d'ordres local d'un des deux sites concernés a, par ailleurs, indiqué que la direction de TKS l'avait officieusement averti de ce projet de fermeture. Dans ce contexte, les syndicats demandent la tenue d'un comité central d'entreprise extraordinaire.
un seul site épargné dans la région
A l'issue de ce programme de restructuration encore en pointillé, TKS n'exploiterait plus que les usines de Gouzeaucourt (Nord), Saint-Romain-de-Colbosc (Seine-Maritime), Le Theil, ainsi que celle de Sermaises-du-Loiret (environ 200 salariés), le seul des trois sites actuels à être épargné en région Centre. « Plus modernes, situés à proximité des usines de leurs principaux donneurs d'ordres que sont Renault et Toyota, ces unités répondent davantage aux critères de productivité de TKS », convient un délégué syndical.
ThyssenKrupp Sofedit a déjà lancé en avril 2007 un plan de restructuration qui s'est soldé par la suppression de 210 des 3 000 postes que compte TKS. Le groupe a cédé en octobre 2007 son usine (120 salariés) d'Arudy (Pyrénées-Atlantiques) au sous-traitant aéronautique landais Alema, basé à Tarnos. .











